La rentrée dans l’automne vue sous l’angle du partenariat de soin avec le patient

Alors que la pandémie apparue en France en début d’année 2020 continue de produire des conséquences et dans une large mesure de l‘incertitude, que la Haute Autorité de Santé (HAS) émettra le 22 septembre prochain ses recommandations  sur l’engagement des patients dans le système de santé, je me propose de faire un état des connaissance subjectif et non exhaustif  de la forme spécifique d’engagement des patients, proches et usagers dont je suis porteur au sein de diverses organisations, le partenariat de soin avec le patient… et le public.

Nous venons d’apprendre, en fin de semaine dernière, quelles seront les dates du 2ème colloque international sur le partenariat de soin avec le patient en France, en prolongement du premier évènement de ce type en octobre dernier à Nice.

Le colloque devrait tenir à l’université Jean-Jaurès de Toulouse, tel que décidé lors de la session d’intelligence collective menée le 15 octobre 2019 dans le même temps durant lequel s’est constitué l’alliance sans frontières pour le partenariat de soin avec le patient, les 25 & 26 février 2021. Un évènement initialement prévu mi septembre 2020 tel qu’initialement proposé, pandémie oblige.

De cet aléa pandémique, une adaptation a été nécessaire et le Centre d’Innovation du Partenariat avec les patients et le public (CI3P), fédérateur de ce mouvement initié en 2019, a décidé à la frontière du printemps et de l’été de ne pas laisser 2020 vierge de rencontres. Une fidélité aux souhaits des congressistes qui s’étaient réunis à l’automne 2019 à Nice.

Cependant, dans l’intention (et l’attention) de faire lien entre les deux colloques de Nice et Toulouse, et, étant donné que le premier avait pour motivation de permettre un état des lieux et le second de questionner les conduites de changement. Il était question pour le CI3P, de trouver un thème qui fasse lien entre les deux. Il a donc été proposé de communiquer sur des projets et/ou  réalisations tout en portant un regard sur les organisations et leurs modes de fonctionnement et organigrammes.

Fort de nombre d’événements adaptés par le CI3P dans l’environnement numérique, digital, que ce soit dans l’enseignement (DU Art du Soin de partenariat avec le patient en formation initiale et continue en sciences de la santé, formation initiale en éducation médicale avec la clinique du galet (Chansou, Benattar, 2020) [1] à destination des externes et internes de la faculté de médecine de Nice), et à destination des milieux de soin et de la cité (à travers le cycle de visioconférence sut l’impact de la pandémie et les solutions de partenariat de soin mises en place ou déjà en œuvre et apportant une valeur ajoutée), le  CI3P a décidé d’organiser deux journées internationales en ligne. Ce à quoi des Belges, Suisses et français ont répondus présents, bien qu’en nombre limité.

C’est ainsi que devant le peu de propositions de communications, nous avons, pour accompagner la dynamique, décidé d’inviter des acteurs qui produisent de la connaissance dans le domaine afin qu’aient lieu ses journées en visioconférences les lundi 28 et 29 septembre 2020.

Le mois suivant sera l’occasion d’assister à deux évènements, le premier fermant un cycle et le second en ouvrant un. Deux évènements qui se tiendront également en visioconférences. Le premier sera organisé de Belgique à Liège, et l’autre de France à Paris et Nice. Deux évènements initialement prévus en présentiel puis adaptés à la situation.

Le premier à partir de l’Université de Liège clôturera par cet événement une recherche Européenne, le 13 octobre. Cette recherche sur l’approche patient partenaire a réuni des organisations Belges, Luxembourgeoises, Allemandes et une Française. Elle a donné lieu ces dernières années à différents travaux dont un rapport a été publié ainsi que certains articles (Pétré et al, 2019 [2], Voyen et al, 2020 [3], Nguyen-Thi et al, 2020 [4]).

Le second est prévu pour se tenir quelques jours plus tard, le 16 octobre, un an après le 1er colloque international sur le partenariat de soin en France.

Il ouvrira pour les années à venir un axe de recherche en droit, voire en sciences politiques sur la place des patients au 21ème siècle et plus particulièrement dans l’approche du partenariat de soin avec le patient. Ce premier colloque du genre est pensé pour être reconduit annuellement durant les années à venir, à l’initiative concertée du CI3P et du Centre de recherche Juridique de l’Université Paris Vincennes – Saint Denis Paris 8- Paris Lumières (CRJP8).

Un premier événement du genre dont les intervenants ont été choisis sur invitation pour leurs travaux dans le domaine. Avec la présence du codirecteur du CRJP8 qui a été directeur de recherche d’un premier mémoire sur le patient formateur auprès des étudiants en médecine au cours de la 1ère décennie du 21ème siècle puis responsable et garant universitaire de formations intégrant des patients et proches autour de la médiation en santé. Il y aura un grand contributeur de la loi sur la démocratie sanitaire, Christian Saoût, aujourd’hui représentant des usagers à la HAS, les codirecteurs médecins et patients du CI3P, deux chercheurs sur l’expérience des patients et usagers dont un en fin de thèse d’histoire du  droit sur la santé. Ce dernier ayant participé à la 1ère formation de médiateurs de santé pairs organisée à Paris 8 avec le Centre Collaborateur de l’Organisation Mondiale de la Santé Europe en santé mentale (CCOMS) a poursuivi des recherche en doctorat tout en exerçant comme médiateur de santé pair. Il y aura un caractère international avec un chercheur Belge de l’équipe INTERREG qui a étudié la concordance juridique des états de la recherche Européenne avec le développement du partenariat de soin avec le patient et en clôture, le 1er initiateur du partenariat de soin avec le patient qui a donné lieu au modèle de Montréal (Pomey et al 2015) [5], Vincent Dumez (2012) [6], codirecteur de la Direction Collaboration et Partenariat Patient (DCPP) à la faculté de médecine de l’Université de Montréal, du Centre d’excellence du partenariat avec les patients et le public (CEPPP) et du réseau de recherche Québécois sur la Covid-19.

Alors que cette semaine s’ouvrent à la faculté de médecine de l’Université Côte d’azur différentes sessions de médecine narrative co-animées par des patients et citoyens qui verront l’ensemble des étudiants en médecine de 2ème et 4ème année s’essayer aux apprentissages de cette discipline (Charon, 2006 [7]; Benattar, Flora, 2016) [8], l’équipe du CHU de Nancy, qui s’est associée à un certain nombre de spécialistes français et internationaux sur l’éducation thérapeutique du patient est en cours d’élaboration d’un mode d’emploi permettant de favoriser le partenariat de soin avec le patient dans la pratique de l’éducation thérapeutique du patient (ETP) en prolongement des études produites au sein de la recherche précédemment citée INTERREG.

Le Centre National Ressources et Résilience (CN2R), membre de l’Alliance sans frontières pour le partenariat de soin avec le patient, s’est organisé dans son organigramme d’une représentation du partenariat dès l’origine, et se constitue en 2020 une communauté des personnes à l’épreuve de psychotraumatisme.s, qu’elle continue de renforcer. Un axe qui intéresse le CCOMS.

Une communauté de cette fois ci de patients partenaires (pour l’enseignement et la formation, pour les milieux de soin et la recherche) a également été créée cette année au sein du CI3P selon la même méthodologie. Des communautés constituées selon la même approche mais adaptée à chaque fois à la situation.

Des groupes de recherche en partenariat avec patient.s se constituent dont l’un, le groupe CHERPA, développé au sein du laboratoire interdisciplinaire LAPCOS (Anthropologie, psychologie clinique, neuroscientifique et communautaire) et aujourd’hui associé au Département d’enseignement et de recherche en médecine Générale (DERMG) et du CI3P publie actuellement (Faure et al, 2020) [9].

Et alors que se mènent ces activités, ceux qui œuvrent sur le cadre, tout comme la HAS tel qu’expliqué en introduction de ce billet,  France-Asso-Santé s’est emparé de la mobilisation des patients et usagers dans l’enseignement médical et en sciences de la santé et doit cet automne également produire sinon des recommandations, du moins un éclairage et des choix d’orientation. Un domaine dans lequel tant la conférence des doyens de facultés de médecine de France que les associations d’étudiants se sont exprimées favorablement.

CONCLUSION

Les différents exemples communiqués, loin d’être exhaustifs, démontrent d’une certaine activité et d’une appropriation progressive d’une culture du partenariat avec les patients, voire avec les patients et le public en France et en Europe, et ce même si comme cela a été remarqué depuis le début de l’année, la place et la parole des patients, donc le cadre de la démocratie sanitaire puis en santé ont largement été oubliés. Il apparaît important au vu de ce qui s’organise et de ce qui se joue de maintenir une dynamique en mouvement.


REFERENCES

[1] Chansou T., Benattar (2020). « Enseigner l’exercice médical par l’art et les savoirs expérientiels avec la participation du patient », in La revue sur le partenariat de soin avec le patient : Analyses, N°1, le centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public (CI3P), Université Côte d’Azur, pp. 30-48

[2] Pétré B., Scholtes B., Voz B., Ortiz I., Gillain N., Husson E., Guillaume M., Bragard I., Consortium APPS (2019) « L’Approche Patient Partenaire de Soins en question ». Rev Med Liege 2018; N°73 : V.12, pp. 620-625

[3] Voyen M., Nguyen-Thi P.-L, Germain L., Pétré B., Younsi M., Mathieu J., Ziegler O., Böhme P. (2020). « Connaissance, perception et définition du concept « Patient Partenaire de Soins » : Qu’en pensent les professionnels de santé impliqués en éducation thérapeutique ? Résultats d’une enquête nationale. ». in La revue sur le partenariat de soin avec le patient : Analyses, N°1, le centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public (CI3P), Université Côte d’Azur, pp. 73- 85.

[4] Nguyen-Thi P.-L, Voyen M., Böhme P., Germain L., Pétré B., Breinbauer M., Scholtes B., Moukah D., Younsi M., Mathieu J., Ziegler O., (2020) « Pratiques institutionnelles concernant l’Approche Patient Partenaire (APPS) en Lorraine. » in La revue sur le partenariat de soin avec le patient : Analyses, N°1, le centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public (CI3P), Université Côte d’Azur, pp. 86-110.

[5] Pomey M.-P., Flora L., Karazivan P., Dumez V., Lebel P., Vanier M.-C., Débarge B., Clavel N., Jouet E. (2015), « Le « Montreal model » : enjeux du partenariat relationnel entre patients et professionnels de santé », Santé publique, France, Vol. 27, N°1 Supplément, Janvier-février, pp.41-50.

[6] Dumez V. (2012). The patient: A missing partner in the health system, TEDxUdeM, Polytechnique, Université de Montréal

[7] Charon R. (2015), Médecine narrative : Rendre hommage aux histoires de maladies, (Traduit de l’ouvrage anglais publié à Oxford University press en 2006), Paris, Sipayat.

[8] Benattar J.-M., Flora L. (2016). « En quoi un espace d’apprentissage citoyen autour de la médecine et de la culture peut-il transformer les usages et les représentations des professionnels de la santé ?  » du symposium sur le thème : Pratiques narratives et savoirs d’expérience en santé – Colloque « Les savoirs d’expérience en santé : Fondements épistémologique et enjeux identitaires« , Université de Lorraine, Metz , le 24 octobre 2016.

[9] Faure S., Halloy A., Karcher B., Flora L., Colazzo G., Barbaroux A., Balez E., Bonardi C. « Polyphonies sur les enjeux du partenariat patient au temps du COVID-19 », Revue de Neuropsychologie, Neurosciences Cognitives et Cliniques, revue à comité de lecture, Article en cours de publication sous références : Rev Neuropsychol 2020 ; xx (x) : 1-6 doi:10.1684/nrp.2020.0580



Quelques informations utiles pour gérer l’impact du Covid19 dans le quotidien ?

La période qui s’est ouverte cette semaine, avec son lot d’incertitudes m’a rappelé à des souvenirs. Ceux portés par les milieux associatifs du VIH-SIDA avec leur fameux slogan «  savoir = pouvoir ». Alors que nous sommes conviés, pour ne pas dire plus, à une période encore incertaine, à vivre confinés, je me suis permis de synthétiser quelques informations utiles, me semble-t-il, dans nos quotidiens. C’est ce dont traite ce second billet de blog de la semaine.

Ce court billet n’a pas pour objet de m’étendre sur un sujet qui est aujourd’hui largement traité. Il est plutôt une invitation à lire et écouter différents résultats de travaux, de plus ou moins longue date, issus de la connaissance, mais également de l’expérience, issus de populations ayant vécu ce que nous sommes amenés à vivre pour un certain temps.

Le premier lien que je vous propose est tiré d’une conférence donnée le 16 mars 2020, à la veille du début du confinement, au Collège de France par le professeur Philippe Sansonetti sur le Covid-19 ou la chronique d’une émergence annoncée, car comme l’introduction l’a remémoré pour un large public, le savoir donne du pouvoir.

Le second lien vers lequel je vous dirige nous permet certainement quelques apprentissages, lesquels pourraient inspirer quelques conduites à tenir et attitudes à adopter à travers une synthèse de la littérature concernant ce que nous apprennent ceux qui sont passés par l’expérience que nous sommes nous même amenée à vivre, des travaux de synthèse menés par Catherine Tourette-Turgis avec qui j’ai collaboré lors du lancement de la première université des patients dans une faculté de médecine en France dès la fin de la première décennie de ce siècle.

Une autre source utile réside dans ce que l’équipe du Centre National de Ressources et Résilience (CN2R) dont je suis le coordinateur du partenariat avec les personnes à l’épreuve de psychotraumatisme.s, a mis à disposition afin de nous donner la possibilité en cette période extra «  Ordinaire » de renforcer notre résilience, que dire aux enfants à propose du corona virus (Covid-19) ? Prendre soin des patients, usagers des services de santé mentale pendant la pandémie ; et préserver le bien-être du personnel de santé lors des épidémies de coronavirus.

Je terminerai cette proposition de ressources mises à disposition par l’association Américaine de psychiatrie qui propose des guides, plutôt à disposition des professionnels de santé (pour les lecteurs anglophones) pour faire face aux impacts sur la santé mentale du développement de cette pandémie de coronavirus Covid-19.

Enfin, pour un hyper concentré de quotidien, je vous invite à lire un article du quotidien le Monde concernant les précautions à prendre vis à vis d’un appareil digital devenu incontournable dans la vie de nombreux, que dis-je par la grande majorité des citoyens français, le téléphone portable voire dit intelligent. Un téléphone si utile en cette période d’isolement que constitue le confinement afin de rester en lien et d’éviter l’anxiété qui peut survenir lorsque l’être humain reste seul avec ses pensées, car nous sommes génétiquement des êtres sociaux pour reprendre cette citation d’Henry Wallon, philosophe et homme politique du siècle dernier :

« l’être humain est génétiquement social »[1]

Génétiquement doit ici être entendu au sens de « constitutivement ».

En conclusion de ce billet, en tant que promoteur, en tant que leader du partenariat de soin avec le patient comme me désignent les nord-américains, et bien que ce ne soit le sujet de cet article, je vous mets à disposition un dernier lien d’un de mes collaborateurs français au Québec, Alexandre Berkesse, avec qui j’ai œuvré et continue d’agir à la direction Collaboration et partenariat patient (DCPP) de la faculté de médecine de l’Université de Montréal et au centre d’excellence du partenariat avec les patients et le public (CEPPP), avec qui nous avons, d’ailleurs, en fin de semaine une réunion afin de déterminer comment mobiliser au mieux de le CEPPP pour accompagner le système de santé au Québec et plus largement au Canada. Un article qui questionne la gestion de la crise sanitaire provoquée par la pandémie au vu de la perspective du partenariat de soin avec le.s patient.s en y proposant des pistes. Une attitude en prolongement de la philosophie de notre approche initiée sur l’ile de Montréal et développée aujourd’hui en France et au CN2R et à partir du Centre d’Innovation du Partenariat avec les patients et le public (CI3P) à la faculté de médecine de l’université Côte d’Azur, à Nice, et plus largement au sein d’une alliance sans frontières initiée lors du 1er colloque sur le partenariat de soin avec le patient l’automne dernier.

REFERENCE BIBLIOGRAPHIQUE

[1] Wallon H. (1976). « Le rôle de l’autre dans la conscience du moi », Enfance, n° spécial Henry Wallon

Le Soin dans la cité par ceux qui la compose, par la Cité

Ce début de décennie est l’occasion d’éclairer les pratiques citoyennes qui, comme dans de nombreux domaines qui les concernent, révèlent les attentes des citoyens, des citoyens qui s’emparent de ces sujets pour peu que le cadre le leur permette. Ce billet traite de certaines de ces pratiques et dispositifs en œuvre favorisant plus ou moins leurs mobilisations.

Dans le prolongement de mes activités autour de la part de savoir des patients Jouet, Flora, 2010[1] ; Flora, Darmon, Benattar, 2019[2]) et des interactions qu’elles génèrent avec les systèmes de santé et leurs acteurs ou encore des dispositifs parallèles lorsqu’aucun partenariat n’est actuellement possible, ce billet éclaire quelques mises en œuvre citoyennes ou des pratiques qui les mobilisent auxquelles j’ai participé dernièrement.

1°. L’ÉCOUTE, BIEN PRÉCIEUX DE L’HUMANITÉ

J’ai depuis la semaine dernière relu, dans le cadre des activités du Centre d’Etude des SOLidarités sociales (CESOL), les dernières épreuves d’un ouvrage collectif qui sortira dans les prochaines semaines autour de l’action de l’association SOS-Amitié.

Cet ouvrage, l’écoute au cœur du bénévolat [3] met à disposition du grand public les résultats d’une étude que nous avons mené, avec la sociologue Dan Ferrand-Bechmann et l’équipe impliquée à la fédération de cette association créée en 1960, enrichie de quelques articles d’auteurs sollicités pour mettre en perspective ce que révèle cette étude et d’articles de membres de l’association. La collaboration avec le CESOL date de travaux qu’il est possible de rapprocher à cette étude, initiés il y a dix ans dans le cadre du bénévolat dans le domaine du cancer (Ferrand-Bechman, Bourgeois, Flora, Sevilla, 2010)[4].

Cette association est actuellement constituée de 1600 bénévoles qui assurent 200 000 heures d’écoute annuelles, 24h sur 24h. Pour permettre une mise en perspective pouvant appréhender ce que cela représente, ces 200 000 heures occuperaient pour une entreprise qui solliciterait des emplois professionnels rémunérés l’équivalent de 155 permanents à temps plein pendant un an. J’évoque le terme de professionnels rémunérés car les pratiques des membres de cette association, comme nous l’avions déjà constaté dans les pratiques de nombres d’associations œuvrant dans le domaine de la santé (Bechman, 2013[5], Flora, 2014[6]) et l’écoute dont il est question sont de qualité professionnelle.

Elle est proposée autour de deux caractéristiques. La première réside dans l’approche Rogérienne (Roger, 2001)[7], centrée sur la personne, à laquelle tous les écoutants sont formés, et formés progressivement puis maintenus dans le cadre de la formation continue. La seconde caractéristique est une notion qui leur est essentielle, celle de l’anonymat de ce qui est accueilli lors de ces écoutes. Une valeur qui a motivé d’ailleurs le questionnement amenant la recherche avec des chercheurs extérieurs à l’association au contact de demandes institutionnelles amenant de possibles effritements de cette notion. L’étude a d’ailleurs éclairé l’importance pour les écoutants du respect de cette valeur. Une valeur qui restera la base de leur action, tout comme je l’avais déjà constaté il y a une dizaine d’année dans l’étude des groupes d’entraide de 12 étapes, à travers l’activité des narcotiques anonymes (Flora, 2012)[8], malgré là encore, le peu de compréhension de certaines institutions à cet égard.

Loin de l’image du film le père noël est une ordure, cette association qui participe, selon moi, à un certain Art du Soin d’autrui, participe, à côté du système de santé, au droit constitutionnel de continuité des soins, mission engagée par des citoyens qui n’hésitent pas à faire appel à des sociologues afin de poser et se poser les questions nécessaires à l’accompagnement des mutations que vivent nos sociétés.

2° LE PARTENARIAT DE SOIN AVEC LES PERSONNES CONCERNÉES DANS LA PRATIQUE DU RÉTABLISSEMENT

Une seconde forme de mobilisation de citoyens, souvent dans ce cas d’ailleurs, ayant tendance à être privés de leurs droit de citoyenneté, concerne des individus (parce qu’étymologiquement indivisibles) vivant avec une expérience de la vie avec des troubles psychiques et la précarité. J’ai effectivement été sollicité ces deux dernières années, principalement au cours des mois de janvier, dans la conception et l’organisation de formations sur la pair-aidance (Flora, Brun, 2020)[9] sur la base du mouvement du rétablissement (Courant recovery).

Cette approche initie depuis quelques années en France différentes actions dont certaines des plus importantes s’organisent sous le leadership du Centre Collaborateur de l’Organisation Mondiale de la Santé Europe en santé mentale (CCOMS). Elle consiste en l’emploi ou la mobilisation de médiateurs de santé pair ou pairs aidants qui vient compléter des équipes de soin médicosociales afin d’accompagner au mieux des personnes vivant elles aussi avec des troubles psychiques dans divers dispositifs dont des programmes nationaux comme par exemple le plus connu d’entre eux, Un chez soi d’abord. Je participe ainsi, à une formation, depuis ces deux dernières années en Bourgogne Franche Comté, financée par l’agence régionale de santé (ARS) de la région, fort de mon expérience dans le domaine et de la participation à la 1ère formation de ce type avec le CCOMS en 2012 (Flora, 2013)[10] sur la base d’une formation existante sur la médiation en santé dont j’étais à l’époque coordinateur pédagogique.

Un accompagnement proposé à des individus avec un vécu significatif pouvant s’investir dans de nombreux espaces de la cité, d’ailleurs pas nécessairement inscrits en tant que tel dans le système de santé tel qu’organisé actuellement mais dans lesquels, l’Art du Soin a pertinence à être. À cet effet, la collaboration périodique avec le CCOMS (Flora, 2015)[11] se prolonge d’ailleurs à travers ma participation en 2020 à une réflexion sur les savoirs expérientiels (Jouet, Flora, Las Vergnas, 2010)[12] et à la rédaction d’un chapitre à destination du nouveau manuel de psychiatrie sur rétablissement et partenariat de soin avec le patient en coécriture avec Marie Koenig. Une psychologue ayant reçu le prix Le Monde pour sa thèse de recherche sur le rétablissement dans la schizophrénie (2016)[13].

3° LES AUTRES DÉVELOPPEMENTS DE PARTENARIAT DÉJÀ RELAYÉS DANS LES BILLETS PRÉCÉDENTS

Je ne développerais pas autrement qu’en les citant les autres actions dans lesquelles je suis actuellement impliqué, telle l’ « UniverCité du Soin » pour laquelle le centre d’innovation du partenariat avec les patients (CI3P) au sein même de la Faculté de médecine de l’Université Côte d’Azur met en œuvre différents projets de partenariat de soin avec le patient en éducation médicale, que ce soit en formation initiale ou continue, dans la recherche et prépare des actions dans les milieux de soin. Que ce soit sous l’angle des actions en éducation citoyenne dans le domaine de la santé avec un collectif de citoyens impliqué sous la bannière de la Maison de la Médecine et de la Culture (MMC) dont les prochaines journées se tiendront début avril à travers un séminaire international et inter-universitaire (avec les université de Lisbonne au Portugal et le département d’éthique de la faculté de médecine de l’Université de Paris) inspiré de la médecine narrative (Charon, 2006)[14] sur le thème de la transplantation, prolongé le samedi par une rencontre ciné-débat sur ce même thème à partir d’une œuvre cinématographique. Des évènements eux-mêmes inscrits dans le cadre d’une semaine sur le partenariat de soin avec le patient chevauchant les mois de mars et avril, coordonnée par le CI3P , ou encore à travers l’action que nous mettons en place avec le Centre National Ressources et Résiliences (CN2R) pour là dans ce cas œuvrer en partenariat avec des personnes ayant vécu l’épreuve du psychotraumatisme.s.

 

CONCLUSION

Inexorablement des actions, tant au sein des institutions que dans la cité, s’organisent selon la philosophie d’un Art du Soin avec la participation des patients selon l’approche du partenariat de soin telle qu’initiée sur l’ile de Montréal au Québec au début de la dernière décennie avec des français impliqués dans sa conception (Karazivan et al, 2015 [15]; Flora et al, 2016 [16]). Alors que parallèlement commencent à émerger des organisations au sein même des institutions du système de santé français (CI3P ; CN2R), et que d’autres plus anciennes s’orientent dans cette direction tels la coordination pour l’amélioration des pratiques Professionnelles en Bretagne (CAPPS de Bretagne), ou encore les différentes équipes ayant rejoint en octobre dernier lors du 1er colloque international sur le partenariat de soin avec le patient en France, organisé à Nice, une alliance sans frontière, je continue d’étudier les autres formes de participations citoyennes reflétant, selon moi, l’esprit de l’Art du soin en partenariat avec le patient ou encore le citoyen à travers une approche globale de la santé qui dépasse les contours souvent délimités par nos autorités actuelles dans le domaine.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

[1] Jouet E., Flora L. (Coord.) (2010), Usager-expert : La part de savoir des malades dans le système de santé, Pratiques de formation : Analyses, N°58/59 (2010), Saint-Denis, Université Paris 8.

[2] Flora L., Darmon D. Benattar J.-M. (Coord.).(2019), Contribution à l’état de l’art : Retour sur le 1er colloque International en France sur le partenariat de soin avec le patient à partir des communications et écoévaluations. Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public (CI3P), Université côte d’azur.

[3] Ferrand-Bechmann D. (2020). L’écoute au cœur du bénévolat. Paris : Chroniques sociales. À paraitre.

[4]Ferrand-Bechmann D., Bourgeois I., Flora L., Sevilla A. (2010), La société du Care face au cancer : Les bénévoles dans les associations et les groupes d’entraide :,Centre d’Etudes des SOLidarités sociales (CESOL). [Rapport de recherche dans le cadre de la convention PRSH08 DFB du 6 mai 2010 Ligue Nationale contre le Cancer/Université Paris 8].

[5] Ferrand-Bechmann D., (2013). Les bénévoles face au cancer. Paris : Desclée de Brouwer.

[6] Flora L. (2014). »L’émergence du patient-expert. Une nouvelle figure dans le champ de la santé ». dans l’ouvrage (Dir. Ferrand-Bechmann D., Raybaud Y.), L’engagement associatif dans le domaine de la santé, Paris : L’Harmattan.

[7] Rogers, C. (2001), L’approche centrée sur la personne. Lausanne : Randin.

[8] Flora L. (2012). Le patient formateur : élaboration théorique et pratique d’un nouveau métier de la santé », Thèse de doctorat de sciences sociales, spécialité « Sciences de l’éducation », Université Vincennes Saint Denis – Paris 8, campus Condorcet, pp. 152-186. Publication disponible à travers l’ouvrage Le patient formateur : nouveau métier de la santé ? Comment les savoirs expérientiels de l’ensemble des acteurs de santé peuvent relever les défis de nos systèmes de santé, Presses Académiques Francophones, Sarrebruck, Allemagne, pp. 279-343.

[9] Flora L. Brun P. (2020). Naissance de la pair-aidance en Frances : les médiateurs de santé pairs. Pratique en santé mentale, à paraître.

[10] Flora L. (2013), « Savoirs expérientiels des malades, pratiques collaboratives avec les professionnels de santé : état des lieux », Education permanente, N°195, pp.59-72

[11] Flora L. (2015). « Du patient passif au patient expert », dans l’ouvrage
(Dir. Deschamp-Leroux C., Raphaël F.), Santé mentale et guérison : regards croisés. Toulouse : Editions John Libbey, Eurotext.

[12] Jouet E., Flora L., Las Vergnas 0. (2010). « Construction et Reconnaissance des savoirs expérientiels des patients ». Note de synthèse du N°, Pratique de formation : Analyses, N°58/59, Saint Denis, Université Paris 8, pp. 13-94

[13] Koenig M. (2016). Le rétablissement dans la schizophrénie : un parcours de reconnaissance. Paris : Les Presses Universitaires de France.

[14] Charon R. (2015), Médecine narrative : Rendre hommage aux histoires de maladies, (Traduit de l’ouvrage anglais publié à Oxford University press en 2006), Paris : Sipayat.

[15] Karazivan P., Dumez V., Flora L., Pomey M.-P., Del Grande C., Guadiri S., Fernandez N., Jouet E., Las Vergnas O., Lebel P. (2015), « The Patient as Partner in Care : Conceptual Grounds for a Necessary Transition », Academic Medicine, April 2015 – Volume 90 – N° 4 – pp.437–441.

[16] Flora L., Berkesse A., Payot A., Dumez V., Karazivan P. (2016), « L’application d’un modèle intégré de partenariat patient dans la formation des professionnels de la santé : vers un nouveau paradigme humaniste et éthique de co-construction des savoirs en santé », Le Journal International de Bioéthique et d’éthique des sciences, volume 27, N° 1, pp. 59-72.

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New mailCopCe début de décennie est l’occasion d’éclairer les pratiques citoyennes qui, comme dans de nombreux domaines qui les concernent, révèlent les attentes des citoyens, des citoyens qui s’emparent de ces sujets pour peu que le cadre le leur permette. Ce billet traite de certaines de ces pratiques et dispositifs en œuvre favorisant plus ou moins leurs mobilisations.

Dans le prolongement de mes activités autour de la part de savoir des patients Jouet, Flora, 2010[1] ; Flora, Darmon, Benattar, 2019[2]) et des interactions qu’elles génèrent avec les systèmes de santé et leurs acteurs ou encore des dispositifs parallèles lorsqu’aucun partenariat n’est actuellement possible, ce billet éclaire quelques mises en œuvre citoyennes ou des pratiques qui les mobilisent auxquelles j’ai participé dernièrement.

 

1°. L’ÉCOUTE, BIEN PRÉCIEUX DE L’HUMANITÉ

 

J’ai depuis la semaine dernière relu, dans le cadre des activités du Centre d’Etude des SOLidarités sociales (CESOL), les dernières épreuves d’un ouvrage collectif qui sortira dans les prochaines semaines autour de l’action de l’association SOS-Amitié.

Cet ouvrage met à disposition du grand public les résultats d’une étude que nous avons mené, avec la sociologue Dan Ferrand Bechmann et l’équipe impliquée à la fédération de cette association créée en 1960, enrichie de quelques articles d’auteurs sollicités pour mettre en perspective ce que révèle cette étude et d’articles de membres de l’association. La collaboration avec le CESOL date de travaux qu’il est possible de rapprocher à cette étude, initiés il y a dix ans dans le cadre du bénévolat dans le domaine du cancer (Ferrand-Bechman, Bourgeois, Flora, Sevilla, 2010)[3].

Cette association est actuellement constituée de 1600 bénévoles qui assurent
200 000 heures d’écoute annuelles, 24h sur 24h. Pour permettre une mise en perspective pouvant appréhender ce que cela représente, ces 200 000 heures occuperaient pour une entreprise qui solliciterait des emplois professionnels rémunérés l’équivalent de 155 permanents à temps plein pendant un an. J’évoque le terme de professionnels rémunérés car les pratiques des membres de cette association, comme nous l’avions déjà constaté dans les pratiques de nombres d’associations œuvrant dans le domaine de la santé (Bechman, 2013[4], Flora, 2014[5]) et l’écoute dont il est question sont de qualité professionnelle.

Elle est proposée autour de deux caractéristiques. La première réside dans l’approche Rogérienne (Roger, 2001)[6], centrée sur la personne, à laquelle tous les écoutants sont formés, et formés progressivement puis maintenus dans le cadre de la formation continue. La seconde caractéristique est une notion qui leur est essentielle, celle de l’anonymat de ce qui est accueilli lors de ces écoutes. Une valeur qui a motivé d’ailleurs le questionnement amenant la recherche avec des chercheurs extérieurs à l’association au contact de demandes institutionnelles amenant de possibles effritements de cette notion. L’étude a d’ailleurs éclairé l’importance pour les écoutants du respect de cette valeur. Une valeur qui restera la base de leur action, tout comme je l’avais déjà constaté il y a une dizaine d’année dans l’étude des groupes d’entraide de 12 étapes, à travers l’activité des narcotiques anonymes (Flora, 2012)[7], malgré là encore, le peu de compréhension de certaines institutions à cet égard.

Loin de l’image du film le père noël est une ordure, cette association qui participe, selon moi, à un certain Art du Soin d’autrui, participe, à côté du système de santé, au droit constitutionnel de continuité des soins, mission engagée par des citoyens qui n’hésitent pas à faire appel à des sociologues afin de poser et se poser les questions nécessaires à l’accompagnement des mutations que vivent nos sociétés.

 

2° LE PARTENARIAT DE SOIN AVEC LES PERSONNES CONCERNÉES DANS LA PRATIQUE DU RÉTABLISSEMENT

 

Une seconde forme de mobilisation de citoyens, souvent dans ce cas d’ailleurs, ayant tendance à être privés de leurs droit de citoyenneté, concerne des individus (parce qu’étymologiquement indivisibles) vivant avec une expérience de la vie avec des troubles psychiques et la précarité. J’ai effectivement été sollicité ces deux dernières années, principalement au cours des mois de janvier, dans la conception et l’organisation de formations sur la pair-aidance (Flora, Brun, 2020)[8] sur la base du mouvement du rétablissement (Courant recovery).

Cette approche initie depuis quelques années en France différentes actions dont certaines des plus importantes s’organisent sous le leadership du Centre Collaborateur de l’Organisation Mondiale de la Santé Europe en santé mentale (CCOMS). Elle consiste en l’emploi ou la mobilisation de médiateurs de santé pair ou pairs aidants qui vient compléter des équipes de soin médicosociales afin d’accompagner au mieux des personnes vivant elles aussi avec des troubles psychiques dans divers dispositifs dont des programmes nationaux comme par exemple le plus connu d’entre eux, Un chez soi d’abord. Je participe ainsi, à une formation, depuis ces deux dernières années en Bourgogne Franche Comté, financée par l’agence régionale de santé (ARS) de la région, fort de mon expérience dans le domaine et de la participation à la 1ère formation de ce type avec le CCOMS en 2012 (Flora, 2013)[9] sur la base d’une formation existante sur la médiation en santé dont j’étais à l’époque coordinateur pédagogique.

Un accompagnement proposé à des individus avec un vécu significatif pouvant s’investir dans de nombreux espaces de la cité, d’ailleurs pas nécessairement inscrits en tant que tel dans le système de santé tel qu’organisé actuellement mais dans lesquels, l’Art du Soin a pertinence à être. À cet effet, la collaboration périodique avec le CCOMS (Flora, 2015)[10] se prolonge d’ailleurs à travers ma participation en 2020 à une réflexion sur les savoirs expérientiels (Jouet, Flora, Las Vergnas, 2010)[11] et à la rédaction d’un chapitre à destination du nouveau manuel de psychiatrie sur rétablissement et partenariat de soin avec le patient en coécriture avec Marie Koenig. Une psychologue ayant reçu le prix Le Monde pour sa thèse de recherche sur le rétablissement dans la schizophrénie (2016)[12].

 

3° LES AUTRES DÉVELOPPEMENTS DE PARTENARIAT DÉJÀ RELAYÉS DANS LES BILLETS PRÉCÉDENTS

 

Je ne développerais pas autrement qu’en les citant les autres actions dans lesquelles je suis actuellement impliqué, telle l’ « UniverCité du Soin » pour laquelle le centre d’innovation du partenariat avec les patients (CI3P) au sein même de la Faculté de médecine de l’Université Côte d’Azur met en œuvre différents projets de partenariat de soin avec le patient en éducation médicale, que ce soit en formation initiale ou continue, dans la recherche et prépare des actions dans les milieux de soin. Que ce soit sous l’angle des actions en éducation citoyenne dans le domaine de la santé avec un collectif de citoyens impliqué sous la bannière de la Maison de la Médecine et de la Culture (MMC) dont les prochaines journées se tiendront début avril à travers un séminaire international et inter-universitaire (avec les université de Lisbonne au Portugal et le département d’éthique de la faculté de médecine de l’Université de Paris) inspiré de la médecine narrative (Charon, 2006)[13] sur le thème de la transplantation, prolongé le samedi par une rencontre ciné-débat sur ce même thème à partir d’une œuvre cinématographique. Des évènements eux-mêmes inscrits dans le cadre d’une semaine sur le partenariat de soin avec le patient chevauchant les mois de mars et avril, coordonnée par le CI3P , ou encore à travers l’action que nous mettons en place avec le Centre National Ressources et Résiliences (CN2R) pour là dans ce cas œuvrer en partenariat avec des personnes ayant vécu l’épreuve du psychotraumatisme.s.

 

CONCLUSION

 

Inexorablement des actions, tant au sein des institutions que dans la cité, s’organisent selon la philosophie d’un Art du Soin avec la participation des patients selon l’approche du partenariat de soin telle qu’initiée sur l’ile de Montréal au Québec au début de la dernière décennie avec des français impliqués dans sa conception (Karazivan et al, 2015 [14]; Flora et al, 2016 [15]). Alors que parallèlement commencent à émerger des organisations au sein même des institutions du système de santé français (CI3P ; CN2R), et que d’autres plus anciennes s’orientent dans cette direction tels la coordination pour l’amélioration des pratiques Professionnelles en Bretagne (CAPPS de Bretagne), ou encore les différentes équipes ayant rejoint en octobre dernier lors du 1er colloque international sur le partenariat de soin avec le patient en France, organisé à Nice, une alliance sans frontière, je continue d’étudier les autres formes de participations citoyennes reflétant, selon moi, l’esprit de l’Art du soin en partenariat avec le patient ou encore le citoyen à travers une approche globale de la santé qui dépasse les contours souvent délimités par nos autorités actuelles dans le domaine.

 

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

[1] Jouet E., Flora L. (Coord.) (2010), Usager-expert : La part de savoir des malades dans le système de santé, Pratiques de formation : Analyses, N°58/59 (2010), Saint-Denis, Université Paris 8.

[2] Flora L., Darmon D. Benattar J.-M. (Coord.).(2019), Contribution à l’état de l’art : Retour sur le 1er colloque International en France sur le partenariat de soin avec le patient à partir des communications et écoévaluations. Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public (CI3P), Université côte d’azur.

[3] Ferrand-Bechmann D., Bourgeois I., Flora L., Sevilla A. (2010), La société du Care face au cancer : Les bénévoles dans les associations et les groupes d’entraide :,Centre d’Etudes des SOLidarités sociales (CESOL). [Rapport de recherche dans le cadre de la convention PRSH08 DFB du 6 mai 2010 Ligue Nationale contre le Cancer/Université Paris 8].

[4] Ferrand-Bechmann D., (2013). Les bénévoles face au cancer. Paris : Desclée de Brouwer.

[5] Flora L. (2014). »L’émergence du patient-expert. Une nouvelle figure dans le champ de la santé ». dans l’ouvrage (Dir. Ferrand-Bechmann D., Raybaud Y.), L’engagement associatif dans le domaine de la santé, Paris : L’Harmattan.

[6] Rogers, C. (2001), L’approche centrée sur la personne. Lausanne : Randin.

[7] Flora L. (2012). Le patient formateur : élaboration théorique et pratique d’un nouveau métier de la santé », Thèse de doctorat de sciences sociales, spécialité « Sciences de l’éducation », Université Vincennes Saint Denis – Paris 8, campus Condorcet, pp. 152-186. Publication disponible à travers l’ouvrage Le patient formateur : nouveau métier de la santé ? Comment les savoirs expérientiels de l’ensemble des acteurs de santé peuvent relever les défis de nos systèmes de santé, Presses Académiques Francophones, Sarrebruck, Allemagne, pp. 279-343.

[8] Flora L. Brun P. (2020). Naissance de la pair-aidance en Frances : les médiateurs de santé pairs. Pratique en santé mentale, à paraître.

[9] Flora L. (2013), « Savoirs expérientiels des malades, pratiques collaboratives avec les professionnels de santé : état des lieux », Education permanente, N°195, pp.59-72

[10] Flora L. (2015). « Du patient passif au patient expert », dans l’ouvrage
(Dir. Deschamp-Leroux C., Raphaël F.), Santé mentale et guérison : regards croisés. Toulouse : Editions John Libbey, Eurotext.

[11] Jouet E., Flora L., Las Vergnas 0. (2010). « Construction et Reconnaissance des savoirs expérientiels des patients ». Note de synthèse du N°, Pratique de formation : Analyses, N°58/59, Saint Denis, Université Paris 8, pp. 13-94

[12] Koenig M. (2016). Le rétablissement dans la schizophrénie : un parcours de reconnaissance. Paris : Les Presses Universitaires de France.

[13] Charon R. (2015), Médecine narrative : Rendre hommage aux histoires de maladies, (Traduit de l’ouvrage anglais publié à Oxford University press en 2006), Paris : Sipayat.

[14] Karazivan P., Dumez V., Flora L., Pomey M.-P., Del Grande C., Guadiri S., Fernandez N., Jouet E., Las Vergnas O., Lebel P. (2015), « The Patient as Partner in Care : Conceptual Grounds for a Necessary Transition », Academic Medicine, April 2015 – Volume 90 – N° 4 – pp.437–441.

[15] Flora L., Berkesse A., Payot A., Dumez V., Karazivan P. (2016), « L’application d’un modèle intégré de partenariat patient dans la formation des professionnels de la santé : vers un nouveau paradigme humaniste et éthique de co-construction des savoirs en santé », Le Journal International de Bioéthique et d’éthique des sciences, volume 27, N° 1, pp. 59-72.

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UN POINT SUR LE PARTENARIAT DE SOIN AVEC LE.S PATIENT.E.S DEBUT 2020.

Alors que nous entrons en ce mois de janvier 2020 dans une nouvelle décennie, un point sur le développement des actions menées en France mais également dans les pays frontaliers en prolongement du 1er colloque international sur le partenariat de soin avec le patient en France organisé l’automne dernier à Nice par le Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public (CI3P) de la faculté de médecine de l’Université Côte d’azur.

 

CONTEXTE

 

Après que le partenariat de soin avec le patient appelé initialement aux Etats-Unis « modèle de Montréal » (Fulmer, Gaines 2014 [1]; Vanier et al (a), 2014 [2]; Pomey et al, 2015 [3]), ne se soit développé sur l’ile de Montréal grâce à l’Université de Montréal, puis au Québec au début de la décennie (Dumez, 2012) [4] qui vient de laisser la place à la troisième décennie du 21ème siècle avec la contribution de français et de franco-québécois (Karazivan et al, 2015) [5], le partenariat a pris son envol en Amérique du Nord puis en Europe.

Ainsi en France a été initié en octobre 2019, à partir de l’initiative du tout nouveau centre d’innovation du partenariat avec les patients et le public (CI3P) de la faculté de médecine de l’Université Côte d’azur un congrès au cours duquel a émergé une alliance sans frontières. C’est-à-dire une communauté de pratiques qui a pour ambition de dépasser par une approche systémique les multiples frontières existantes, telles que s’organisent nos sociétés de plus en plus constituées en silos (disciplinaires, hiérarchiques, départementales dans les institutions, en institutions spécialisées, régionales et étatiques) à l’instar de ce que le centre d’excellence du partenariat avec les patients et le public (CEPPP) basé à Montréal, fort de la chaire Canadienne (Boivin et al, 2017 [6]; Boivin et al, 2018 [7]) obtenue sur ce thème développe au Canada pour l’Amérique du Nord. Fort donc de cet événement qui n’a pu accueillir après l’avoir prévu l’expérience italienne développée depuis 2013 à l’Université de Modène (Vanier et al (b), 2014) [8] , mais a proposé une tribune à un contributeur de l’Université de Montréal, une contributrice du Centre Hospitalo-Universitaire de Genève (Suisse) et de l’Université de Liège (Belgique), avant que des congressistes communiquent après sélection du conseil scientifique des travaux issus de recherches, actions et projets menés en France, Belgique et Suisse.

 

LA SITUATION EN CE DÉBUT DE DÉCENNIE

 

Dans le prolongement du colloque de Nice fin 2019, un premier état des lieux est paru dans le cadre d’une première publication digitale (Flora, Darmon, Benattar 2019) [9] ainsi qu’une première cartographie d’équipes ressources ayant pour ambition de développer le partenariat de soin avec le patient (Flora, 2019) [10] en fin d’année. Deux autres évènements ont cependant permis d’identifier au delà de ces premières empreintes l’ampleur du développement en cours en Europe.

Le premier de ces événements s’est tenu le 2 décembre 2019 à l’école militaire à Paris. Ce jour là était organisée la 1ère rencontre nationale du centre de ressources et résilience (CN2R) en présence de l’ensemble des centres régionaux déjà opérationnels sur le territoire français (dom-tom et métropole). Il s’agit là d’un autre acteur qui de par le rôle que l’auteur de ce billet et de ce blog y tient (Flora, 2019) [11] rejoint de fait l’alliance déclarée en octobre dernier.

Le second événement s’est tenu 3 jours plus tard le 5 décembre au Luxembourg. En effet à cette date était organisé dans le cadre de la recherche INTERREG sur le partenariat de soin avec le patient financée par l’Union Européenne depuis 3 ans, un séminaire de recherche en vue de dégager des recommandations après 3 ans de recherches menées sur le partenariat patient, sur la base du modèle développé à Montréal, pour les régions transfrontalières de Belgique (Wallonie), Luxembourg, Allemagne (Les Universités Johannes Gutenberg de Mayence et de Trèves ainsi que les centres hospitaliers universitaires associés) et l’est de la France (Université de Lorraine), une action coordonnée par Benoit Pétré (Pétré et al, 2018) [12] de l’Université de Liège en Wallonie Belge. Cette journée a autant traité des cadres juridiques et de ce qu’ils permettent ou inhibent dans chacune des règlementations étudiées ; la participation dans cet espace, partenariat et environnement numérique dans la santé, l’enseignement avec des patients en médecine et autres métiers de la santé, le partenariat dans les milieux de soins, et résultats de recherche sur la perception des différents types de professionnels de santé et institutionnels concernant cette approche.

Si nous mettons en perspective ce que nous apprennent ses différentes actions menées à la fin de la seconde décennie, il est possible de constater que l’Europe n’est pas en reste dans le déploiement du partenariat de soin avec le patient puisque l’Italie est impliquée à travers l’action de la faculté de chirurgie et de médecine de l’Université de Modène depuis 2013 dans le partenariat, principalement depuis cette date par la formation à l’enseignement de la médecine de famille (médecine générale) qu’elle propose pour l’ensemble de ce pays, la Belgique à travers l’implication de la fédération des usagers du système de santé, l’université de Liège, mais également l’université libre de Bruxelles et celle de Louvain où s’est tenu en 2018 un congrès sur la médiation dans le domaine de la santé durant lequel étaient présentées des initiatives engagées dans le partenariat de soin avec le patient d’où émergea l’idée de constituer un observatoire international sur ce thème auquel j’ai participé, la Suisse avec des projets dans les cantons de Genève à travers l’action du centre hospitalo-Universitaire de genève (HUG) inscrit dans le projet d’établissement et de Vaud, au sein duquel un projet est mené au CHUV de Lausanne et à travers le réseau cantonal PAS (Projet Anticipé de Soin) et en France depuis plus récemment à travers les initiatives identifiées lors du colloque dans 8 régions sur 13 à laquelle doit être déjà associée la région des Hauts-de-France, le CN2R y ayant son siège, sachant que la Haute Autorité de Santé (HAS) oriente ses recommandations vers le partenariat de soin avec les patients, ayant

 

QUELQUES DATES DÉJÀ PRÉVUES EN 2020

 

Alors que les réunions se succèdent et leurs fréquences s’accentuent au CN2R pour organiser et mettre en œuvre le partenariat, que la semaine qui s’engage verra le centre d’innovation du partenariat avec les patients et le public (CI3P) réunir le 1er comité de pilotage (COPIL) de l’année, que qu’a été initié en ce premier mois 2020 une nouvelle formation de futurs pairs aidants, de médiateurs de santé pairs, pouvant accompagner les programmes Un chez soi d’abord de Dijon, Besançon de Bourgogne Franche Comté que l’agence régionale de santé (ARS Bourgogne Franche Comté) finance, mais également de Lille dont certains médiateurs de santé pairs déjà engagés participent comme je le fais en tandem avec des médiateurs de santé pairs [13], différents évènements sont déjà planifiés.

Le CI3P prévoit une semaine du partenariat à Nice à l’entrée du printemps, lors de la semaine chevauchant les mois de mars et avril. Elle sera composée d’une journée consacrée aux savoirs expérientiels, journée organisée avec le laboratoire d’anthropologie et de psychologie cognitive (Lapcos) au sein de l’université Côte d’Azur et de potentiels autres partenaires extérieurs, d’une journée autour de l’éducation thérapeutique du patient potentiellement organisée également avec des partenaires extérieurs à l’UCA, et 2 jours de séminaire inspirés de la médecine narrative dont une session d’éducation populaire sur le thème de la greffe en partenariat avec la Maison de la Médecine et de la Culture (MMC) de Nice qui coordonne cette action, Maria Cabral et l’Université de Lisbonne qui participe à cet événement coconçu pour la 3ème année et le département d’éthique de la faculté de médecine de Paris qui elle collabore depuis 2019, dans le cadre de l’UniverCité du Soin (Ghadi et al, 2019) [14] coconçue avec la faculté de médecine de l’Université Côte d’azur.

Le 26 mai aura lieu la conférence de clôture du projet APPS INTERREG à l’université de Liège en Belgique Wallone.

Le département de santé publique et la faculté de médecine de l’Université de Nancy organise elle le 12 juin un congrès sur l’éducation thérapeutique du patient (ETP) en prolongement de ses recherches menées dans le cadre d’INTERREG sur la perception des acteurs de l’ETP et les institutions de Lorraine.

Septembre 2020, les 16 et 17 verront le 2ème congrès international sur le partenariat de soin avec le patient en France se tenir à l’Université Jean-Jaurès de Toulouse en partenariat avec l’ARS Occitanie, le département des sciences de l’éducation de cette université et le CI3P dans le cadre de l’alliance sans frontière déjà citée.

 

CONCLUSION

 

Le site Internet rendant accessible les différents éléments déterminés lors de la séance d’intelligence collective du 1er colloque international sur le partenariat de soin avec le patient en France est en cours de réalisation, ce qui permettra une lisibilité des développements et évolutions du partenariat de soin avec le patient en France mais également, comme nous l’avons vu dans l’espace Européen. Les équipes avec lesquelles j’œuvre souhaitent que la mutualisation et la transmission de la connaissance comme de l’expérience permette de mieux comprendre ce qui se fait et les enjeux, comme de mieux connaître (co-naitre) ce dont il s’agit et en quoi elle améliore le Soin et les systèmes de santé qui l’organisent.

 

RÉFÉRENCES

 

[1] Fulmer, T & Gaines M., (Dir.) (2014) Partnering with Patients, Families, and Communities to Link Interprofessional Practice and Education. Proceedings of a conference sponsored by the Josiah Macy Jr. Foundation in April 2014; New York: Josiah Macy Jr. Foundation. Accessible sur Internet à l’adresse : http://macyfoundation.org/docs/macy_pubs/JMF_PartneringwithPFC.pdf

[2] Vanier MC, Dumez V, Drouin E, Brault I, MacDonald SA, Boucher A, Fernandez N, Levert MJ et al. Partners in Interprofessional Education: Integrating Patients-as-Trainers. Dans: Fulmer, T & Gaines, M. Partnering with Patients, Families, and Communities to Link Interprofessional Practice and Education. Proceedings of a conference sponsored by the Josiah Macy Jr. Foundation in April 2014; New York: Josiah Macy Jr. Foundation; 2014, pp 73-84. Accessible sur Internet à l’adresse : http://macyfoundation.org/docs/macy_pubs/JMF_PartneringwithPFC.pdf

[3] Pomey M.-P., Flora L., Karazivan P., Dumez V., Lebel P., Vanier M.-C., Débarge B., Clavel N., Jouet E. (2015), « Le « Montreal model » : enjeux du partenariat relationnel entre patients et professionnels de santé », Santé publique, HS, 2015/S1, pp.41-50.

[4] Dumez V. (2012), The patient: A missing partner in the health system. TEDxUdeM.

[5] Karazivan P., Dumez V., Flora L., Pomey M.-P., Del Grande C., Guadiri S., Fernandez N., Jouet E., Las Vergnas O., Lebel P. (2015), « The Patient as Partner in Care : Conceptual Grounds for a Necessary Transition », Academic Medicine, April 2015 – Volume 90 – N° 4 – pp.437–441

[6] Boivin A., Flora L., Dumez V., L’Espérance A., Berkesse A., Gauvin F.-P. (2017). « Transformer la santé en partenariat avec les patients et le public : historique, approche et impacts du “modèle de Montréal”. In « La participation des patients ». (Hervé C., Stanton-Jean M., Mamzer M.-F.), vol. 2017, Paris : Editions Dalloz, pp. 11-24

[7] Boivin A., Richard T., Forsythe L., Gregoire A., L’espérance A., Abelson J., Karman K. L. (2018). « Evaluating patient and public involvement in research : If we are serious about involvement, we need to be equally serious about evaluation ». BMJ 2018;363:k5147 doi: 10.1136/bmj.k5147 (Published the 6 December 2018).

[8] Vanier M.-C., Flora L., Dumez V. (2014), « Dal Paziente “esperto” al “paziente Formatore : l’esempio dell’Università di Montreal », in (Dir. M.-S. Padula, G. Aggazzotti), Manuale per il docente di medicina generale : comme insegnare la medicina generale nelle cure primarie, Facoltà di Medicina e Chirurgia di Modena, Italia, pp. 149-168.

[9]  Darmon D. Benattar J.-M. (Coord.).(2019), Contribution à l’état de l’art : Retour sur le 1er colloque International en France sur le partenariat de soin avec le patient à partir des communications et éco-évaluations. Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public (CI3P), Université côte d’azur.

[10] Flora L. (2019). 1ere initiative de cartographie par le centre d ‘innovation du partenariat avec les patients et le public. Article sur ce blog.

[11] Flora L. (2019). L’expérience issue de l’épreuve du psychotraumatisme complémentaire aux pratiques des professionnels de santé : le défi partenarial du CN2R ! Article de ce blog.

[12] Pétré B., Scholtes B., Voz B., Ortiz I., Gillain., Husson E., Guillaume M., Bragard I., Consortium APPS (2018). « L’Approche Patient Partenaire de Soins en question ». Rev. Med. Liege, N°73, Vol.12, pp. 620-625.

[13] Le 1er séminaire qui s’est déroulé les 13 et 14 janvier sur le thème de « l’histoire du mouvement des malades, le rétablissement, la pair aidance et ses enjeux » avec Hélène Delaquaize, médiatrice de santé publique formée en 2001 avec l’Institut Epidémiologique de médecine appliquée (IMEA) actuellement en poste à l’hôpital Marmottan à Paris avec 19 ans d’expérience professionnelle dans le domaine à travers différentes missions et Philippe Brun, 1er médiateur de santé pair embauché dans le programme un chez soi d’abord de Dijon, formé en 2012 lors de la 1ère formation de médiateur de santé pair coconcue avec le Centre Collaborateur de l’Organisation Mondiale de la santé mentale Europe de Lille et l’université Paris 8, campus Condorcet, et ses 8 ans d’expériences qui aura lieu la dernière semaine de janvier sur le thème de « l’identification des savoirs expérientiels ».

[14] Ghadi, V., Flora L., Jarno, P., & Lelievre, H. (2019). The Engagement Conundrum of French Users. In M.-P. Pomey, J.-L. Denis, & V. Dumez (Eds.), Patient Engagement : How Patient-provider Partnerships Transform Healthcare Organizations : Springer International Publishing, pp.199-231.

1ere initiative de cartographie par le centre d ‘innovation du partenariat avec les patients et le public

2019 a vu l’ouverture d’un centre d’innovation du partenariat avec les patients et le public (CI3P), s’inspirant du centre d’Excellence du partenariat avec les patients et le public (CEPPP) lancé en 2016 au Canada, lui même héritier de la première équipe constituée au sein même d’une faculté de médecine en 2010 pour repenser la relation de soin au regard des transformations sociétales importantes, sinon majeures de ce début de 21ème siècle, le bureau facultaire de l’expertise patient partenaire (BFEPP) (Flora, 2012[1]; 2015[2]), lui même devenu direction collaboration en partenariat avec le patient (DCPP) au printemps 2013. Ce billet présente cette innovation et une cartographie des ressources auto-identifiées lors du 1er colloque international sur le partenariat de soin avec le patient organisé en France, à Nice en octobre dernier.

 

MISSION

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Le Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public (CI3P) créé au cours du second semestre 2019 a pour objectif premier de permettre au sein du système de santé l’exercice pluri-professionnel et la démocratie sanitaire en partenariat avec les patients, proches et citoyens.

Se référant au partenariat de soin avec le patient (Karazivan et al, 2015)[3], une approche développée initialement à la Faculté de médecine de l’université de Montréal par le bureau Facultaire de l’expertise patient partenaire (BFEPP) de 2010 à 2013 puis depuis par la Direction Collaboration et Partenariat Patient (DCPP), avec qui le CI3P collabore, le CI3P a pour mission le développement du partenariat avec les patients dans la recherche universitaire, l’enseignement en médecine et en sciences de la santé, dans les milieux de soins et la recherche.

 

ASSISE INSTITUTIONNELLE

 

Le CI3P est une nouvelle entité de la faculté de médecine, plus précisément de son département d’enseignement et de recherche de médecine générale (DERMG), associé au laboratoire de recherche RETINES (Risques, Epidémiologie, Territoires, Information, Education et Santé), 1er laboratoire de recherche interdisciplinaire en partenariat avec le patient et du laboratoire d’anthropologie et de psychologie cognitive LAPCOS de l’Université Côte d’Azur.

Elle est soutenue financièrement par l’Agence Régionale de Santé Provence Alpes Côte d’Azur (ARS-PACA) ; par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, l’Agence nationale de la recherche (ANR) et par le leadership de la Haute Autorité de Santé (HAS) dans sa volonté de soutenir une chaire de recherche sur le partenariat de soin avec le patient.

 

ORGANIGRAMME

 

Pour accomplir ses missions, le CI3P s’est doté d’une codirection médecin-patient, d’un comité de Pilotage (COPIL) composé d’enseignant chercheurs de différentes disciplines, de patients et citoyens membres de la Maison de la Médecine et de la Culture (MMC) et s’est organisé dans le cas du lancement d’une chaire de recherche d’un comité scientifique qui serait constitué de médecins, de patients et proches, comme de chercheurs de sciences humaines et sociales avec les organisations partenaires que sont le DERMG, la MMC et le LAPCOS .

 

HISTORIQUE

 

Depuis 2015 en France, la Maison de la Médecine et de la Culture (MMC), un collectif de citoyens, réunis par et autour de son fondateur le docteur Jean-Michel Benattar, médecin de ville, permet de réunir localement citoyens, qu’ils soient patients, proches, étudiants en sciences de la santé, professionnels de santé en exercice, et.ou universitaires.

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C’est de cette première forme d’organisation qu’a été conceptualisée, puis initiée en janvier 2018 une « UniverCité  du Soin » (Ghadi et al, 2019)[4]. Elle est composée d’une université populaire autour des questions de santé organisée par la MMC, l’organisation de séminaires internationaux et interuniversitaires avec l’Université de Lisbonne en 2018 et 2019, le département d’éthique de la faculté de médecine de Descartes, Université de Paris en 2019 avec l’Université Côte d’Azur) de Médecine Narrative adaptée à la philosophie de l’Art du Soin, c’est-à-dire ouverte à tous les citoyens, en formation initiale (ouvert aux étudiants en médecine) et continue à travers le Diplôme Universitaire (DU) Art du Soin en partenariat avec le patient primé en 2018 par le prix PEPS de l’innovation pédagogique dans la catégorie formation tout au long de la vie.

2019 a vu s’enrichir cette UniverCité du Soin, à travers le partenariat entre les citoyens par le biais de la MMC et la faculté de médecin, du Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients de le Public (CI3P), qui, outre la co-conception et mise en œuvre des premiers cours mobilisant des patients formateurs au sein du cursus initial d’enseignement des études de médecine a coordonné et organisé en octobre 2019 le 1er colloque international sur le partenariat de soin avec le patient en France à la faculté de médecine et au CHU de l’Université Côte d’Azur, permettant ainsi un premier état de l’Art non exhaustif des pratiques en France et de la nature des partenariats développés.

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UN 1er CONGRES ORGANISE SUR LE PARTENARIAT EN 2019

Une des premières actions menées à été d’organiser une rencontre sous forme de colloque par des organisations et/ou acteurs impliqués dans cette approche ou s’en revendiquant. Elle a permit de contribuer à un premier état de l’art du partenariat avec le patient en France à l’automne 2019.

Ont ainsi été réunis des contributeurs et congressistes de 8 régions des 13 nouvelles régions de France et de plusieurs équipes des pays voisins.

Voici, ci-dessous, une première cartographie en prolongement des conclusions du colloque, fruit d’un atelier d’intelligence collective, qui donnera lieu à un prochain article plus complet, dont la proposition d’organisation d’une alliance sans frontière sur le partenariat présentée, comme le colloque lors du précédent billet de ce blog.

Cartographie2_PP_15102019

Elle répond à une autre idée de constituer un répertoire des équipes œuvrant selon cette approche, motivation de cette 1ère cartographie dans l’attente de moyens permettant la mise en place d’une plateforme qui donnera lieu au registre complet des propositions émises.

 

 

Qui parle du CI3P ?

La faculté de médecine de l’Université Côte d’azur

La Maison de la Médecine et de la Culture

https://partenariat.sciencesconf.org/

Le journal La Strada

 

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

[1] Flora L. (2012). Le patient formateur : élaboration théorique et pratique d’un nouveau métier de la santé. Thèse de doctorat de sciences sociales, spécialité « Sciences de l’éducation », Université Vincennes Saint Denis – Paris 8, campus Condorcet, pp. 219-223

[2] Flora L. (2015), Le patient formateur : nouveau métier de la santé ? Comment les savoirs expérientiels de l’ensemble des acteurs de santé peuvent relever les défis de nos systèmes de santé, Presses Académiques Francophones, Sarrebruck, Allemagne, pp. 403-412.

[3] Karazivan P., Dumez V., Flora L., Pomey M.-P., Del Grande C., Guadiri S., Fernandez N., Jouet E., Las Vergnas O., Lebel P. (2015), « The Patient as Partner in Care : Conceptual Grounds for a Necessary Transition », Academic Medicine, April 2015 – Volume 90 – N° 4 – pp.437–441.

[4]  Ghadi, V., Flora L. , Jarno, P., & Lelievre, H. (2019). The Engagement Conundrum of French Users. In M.-P. Pomey, J.-L. Denis, & V. Dumez (Eds.), Patient Engagement : How Patient-provider Partnerships Transform Healthcare Organizations : Springer International Publishing, pp.199-231.

Le partenariat entre professionnels de santé (et du psychosocial), patients et usagers : un paradoxe français ?

Alors que le large appel à communication du 1er colloque en France sur le partenariat de soin avec le patient sera clôturé dans une semaine, le 20 août, des propositions de communications sont arrivées des pays voisins de la France (Italie, Belgique, Suisse) et d’Amérique (Canada, Brésil), mais paradoxalement très peu de France, le seul pays à avoir autant légiféré sur le sujet, que ce soit à travers les cadres législatifs médico-sociaux (2005 et suite) , les lois de démocraties sanitaires (2002) et de santé (2016), la loi sur l’éducation thérapeutique (1978, 2009), à avoir autant communiqué sur la co-construction, la collaboration et le partenariat (Foudriat, 2014 [1], 2016 [2]) et si peu d’équipes à soumettre des savoir-faire dans l’appel à communication du 1er colloque international sur le partenariat de soin dans l’enseignement, les soins et la recherche organisé en France. Un mode de co-construction qui, selon Michel Foudriat, est un terme très mobilisé comme moyen de communication mais cache en réalité un état des lieux assez pauvre en ce qui concerne sa mise en œuvre alors même que, toujours selon cet auteur, nombre de méthodologies sont historiquement issues de France, tout comme l’est d’ailleurs en partie le partenariat de soin avec les patients et le public (Modèle de Montréal) qui a été co-conçu par des Québécois et des Français (Karazivan et al, 2015 [3]; Boivin et al, 2017) [4]. C’est de ce sujet que traite le présent billet dans la torpeur de l’été français qui voit historiquement la France faire une pause entre la mi juillet et la mi-août.

CONTEXTE

Alors que la participation des patients, des communautés et du public sous différentes formes est devenu un courant mondial, particulièrement dans le domaine de la santé (Barello et al. 2012 [5]), un mouvement dynamique au point que certains auteurs voient l’engagement des patients et du public comme le “blockbuster” du 21ème siècle (Denzer, 2013) [6] et que des auteurs du British Medical Journal nomment ce mouvement en terme de révolution (Richards et al. 2013) [7], est organisé un colloque sur le partenariat entre les patients et les professionnels de la santé et du psychosocial à partir de la faculté de médecine de Nice les 14 et 15 octobre prochain.

 

CONTRIBUTION À L’IDENTIFICATION DES MODALITÉS DE PARTENARIAT EN FRANCE

 

Ce colloque est initié par une équipe niçoise composée de médecins, de patients, de citoyens et d’enseignants-chercheurs en sciences humaines et sociales réunis au sein du centre d’innovation du partenariat avec les patients et le public, entité de la faculté de médecine au sein même de l’université nommé centre d’ innovation du partenariat avec les patients et le public (CI3P), porté à l’origine par un mouvement citoyen ayant mis à jour le concept d’UniverCité du Soin (Flora et al, 2019) [8].

Or, à une semaine de la clôture de l’appel à communication, nous estimons la situation paradoxale. Alors que tel qu’expliqué en introduction, le système de santé est législativement orienté vers les interactions entre professionnels de santé, patients, proches et citoyen, alors que nous avons reçu des propositions de communications des pays voisins à la France, certaines sont arrivées tant d’Amérique du sud que du nord, très peu de propositions Françaises ont à ce jour été communiquées. Et ce, alors même qu’une large communication a été organisée, que la plateforme de l’appel à communication a été lancée à partir de la plateforme dédiée du Centre National de Recherche Scientifique (CNRS), que le congrès sera gratuit à l’inscription, fait suffisamment rare pour être souligné, et que ce colloque n’est pas réservé aux chercheurs mais reste ouvert aux citoyens et associations tant d’usagers, de patients que de professionnels de la santé et du médico-social, en plus des nombreux réseaux qui ont relayé l’information.

 

QUESTIONNEMENT SUR CE QUE JE NOMMERAIS UN PARADOXE?

 

Alors que la Haute Autorité de Santé (HAS) a cette année initié plusieurs chantiers sur la collaboration entre le système de santé et les usagers après plus de 15 ans de démocratie sanitaire et 10 ans après qu’une loi sur l’éducation thérapeutique du patient ait défini un cadre pour que chaque malade chronique puisse accéder à un parcours d’éducation thérapeutique du patient, qu’il est libre d’accepter ou de refuser (Article 84 de la Loi HPST de 2009), que différents rapports (Compagnon, Ghadi, 2014 [9]; De Singly et al, 2017 [10]), suivis d’une mission lancée cette année par le président de la conférence des doyens des facultés françaises de médecine sur la participation des patients à l’éducation médicale, il semblerait que des obstacles soient en œuvre pour communiquer sur le sujet ? J’avais déjà pu constater cela lorsque qu’entre 2005 et 2010, j’étais investi dans une recherche-action dans le domaine de la santé mentale (Jouet, Flora, 2011) [11], le programme Européen EMILIA (Jouet, 2011 [12]; Greacen, Jouet, 2012 [13]).

J’avais alors exploré ce qui se faisait et, à mon grand étonnement, j’avais découvert tout un monde de créativité  dont pouvaient bénéficier les usagers et les professionnels de santé, mais lorsque j’évoquais la lisibilité de ces actions que j’estimais remarquable, les retours étaient perplexes, voire négatifs. Ce qui me revenait le plus souvent résidait dans le fait que si ces initiatives étaient connues et reconnues, elles ne pourraient se poursuivre. Expérience ou croyance, je n’ai pas pu explorer pleinement cette situation pour en faire une synthèse, mais je me souviens de l’interrogation qui m’avait envahie à l’époque.

Un autre obstacle identifié comprend l’organisation même de nos institutions. En effet, l’organisation en silos de notre société, mais plus particulièrement de notre système de santé, rigidifie largement les possibilités d’action. C’est cela même que l’approche du partenariat avec les patients et le public développé à partir de Montréal tente de libérer par sa vision systémique (Dumez 2012 [14]; Pomey et al, 2015 [15]) et les méthodologies développées et, aujourd’hui pour nombre d’entre elles, stabilisées (DCPP, 2014 [16]; Flora, 2015 [17], Vanier et al, 2016 [18]). C’est par cette approche que nous tentons, non pas de détruire mais de libérer les énergies en deçà et au delà des silos en décentrant ainsi le cœur de ce qui se vit et s’organise.

Un autre frein courant, particulièrement présent en France, réside dans l’esprit de compétition régnant entre les différentes équipes. Une concurrence en partie née de la ventilation des moyens financiers mais également, ne le cachons pas, de guerres d’égo, et de problèmes de veille de l’information. En effet, le problème aujourd’hui n’est plus l’accès à l’information mais la méthode de recherche de celle-ci, le problème dans un contexte d’inflation de l’information, du renseignement (ce que signifie en Anglais le terme Intelligence), d’une information orientée par l’intelligence artificielle (IA). Mes collègues Emmanuelle Jouet et Olivier Las Vergnas ont identifié et constaté, que, par exemple, la recherche scientifique sur les modalités d’implication des patients et des citoyens dans le domaine de la santé pâtit d’un manque d’actualisation de l’indexation, un manque de travail sur les mots-clés à utiliser dans la recherche bibliographique (Las Vergnas, Jouet, 2017 [19]) alors même que c’est devenu un fait social ( Flora, 2012 [20], Jouet, 2014 [21], Flora, Jouet, Las Vergnas, 2014 [22]). Un problème d’indexation qui, selon moi, n’est pas réservé à ce domaine.

En conséquence, les équipes qui chercheraient à dépasser cet habitus, ce processus trop courant, doivent apprendre à communiquer régulièrement pour en arriver ensuite à collaborer, à organiser des formes de partenariat avec les patients et le public et c’est ce que nous souhaitons développer à Nice afin de nous constituer comme ressource et source d’innovation à pérenniser quand les actions sont pertinentes dans ce domaine.

 

CONCLUSION EN FORME DE RAPPEL À COMMUNICATION

 

Toutes les équipes françaises de tous les environnements ( équipes de professionnels de santé ou du médico-social, chercheurs, citoyens, associations de professionnels ou d’usagers, de patients, institutions qui souhaiteraient communiquer sur le sujet, tant sur des modalités opérationnelles ou des analyses sur ce qui se fait comme sur ce qui empêche, peuvent soumettre jusqu’au 20 août, pour contribuer à ce qui s’organise dans le domaine du partenariat entre patients, proches et professionnels de santé, cliniciens, administrateurs et chercheurs à l’adresse : https://partenariat.sciencesconf.org. Afin que se développe cette culture selon moi nécessaire à des ajustements de nos pratiques, représentations et au final de notre système de santé dans les dimensions micro, méso et macro.

 

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

[1] Foudriat, M. (2014). « La co-construction: Une option managériale pour les chefs de service ». Le management des chefs de service dans le secteur social et médicosocial (pp. 229-250). Paris: Dunod.

[2] Foudriat M. (2016). La coconstruction : une alternative managériale. Rennes, Les presses de l’EHESP.

[3] Karazivan P., Dumez V., Flora L., Pomey M.-P., Del Grande C., Guadiri S., Fernandez N., Jouet E., Las Vergnas O., Lebel P. (2015), « The Patient as Partner in Care : Conceptual Grounds for a Necessary Transition », Academic Medicine, April 2015 – Volume 90 – N° 4 – pp.437–441.

[4] Boivin A., Flora L., Dumez V., L’Espérance A., Berkesse A., Gauvin F.-P. (2017).« Transformer la santé en partenariat avec les patients et le public : historique, approche et impacts du “modèle de Montréal”. In « La participation des patients » « vol. 2017, Paris : Editions Dalloz, pp. 11-24

[5] Barello, S., G. Graffigna and E. Vegni (2012). « Patient Engagement as an Emerging Challenge for Healthcare Services: Mapping the Literature. » Nursing Research and Practice . 2012. (2): 1-7.

[6] Dentzer, S. (2013). Rx for the “blockbuster drug” of patient engagement. Health Affairs, 32(2), 202. http://doi.org/10.1377/hlthaff.2013.0037

[7] Richards, T., Montori, F. Godlee, P., Lapsley P., Paul D. (2013). « Let the patient revolution begin ». BMJ. 2013. 346: f2614-f2614.

[8] Flora L., Benattar J.-M., Desserme R., Claessens A., Darmon D. (2019). « L’UniverCité du Soin : Espace de transformation pour une transformation des espaces et des pratiques« . 8° Colloque Santé, Innovons pour innover : savoir mobiliser de nouveaux outils conceptuels et méthodologiques pour transformer durablement le champ de la santé, Kedge Business School, Marseille, 20 et 21 mai 2019.

[9] Compagnon, C., and V. Ghadi. (2014). L’an II de la démocratie sanitaire. Ministère des affaires sociales et de la santé.

[10] De Singly C., J. Gaillaguet. (2017). Enquête—Contribution à un état des lieux de la démocratie en santé dans les instituts de formations en soins infirmiers et dans les facultés de médecine, Institut pour la démocratie en santé (IPDS).

[11] Jouet E., Flora L., (2011). « Empowerment et santé mentale : le contexte et la situation en France », La santé de l’homme, Paris, INPES, N° 413, mai juin 2011, pp. 12-15.

[12] Jouet E. (2011). Le savoir expérientiel dans le champ de la santé mentale : le projet Emilia, Archives ouvertes. Accessible à l’adresse : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00645950

[13] Greacen T., Jouet E. (2012), Pour des usagers de la psychiatrie acteurs de leur propre vie, Toulouse, Erès.

[14] Dumez V. (2012), The patient: A missing partner in the health system, TEDxUdeM, Université de Montréal et polytechnique Montréal, accessible en ligne à : http://www.youtube.com/watch?v=V2MGumDv384

[15] Pomey M.-P., Flora L., Karazivan P., Dumez V., Lebel P., Vanier M.-C., Débarge B., Clavel N., Jouet E. (2015), « Le « Montreal model » : enjeux du partenariat relationnel entre patients et professionnels de santé », Santé publique, HS, 2015/S1, pp.41-50.

[16] DCPP. (2014), Programme partenaires de soins : rapport d’étape (2011-2013), Direction collaboration et partenariat patient, Centre de pédagogie appliquée aux sciences de la santé, Faculté de médecine, Université de Montréal.

[17] Flora L. (2015), Un référentiel de compétences de patient : pour quoi faire ? Du savoir expérientiel des malades à un référentiel de compétences intégré : l’exemple du modèle de Montréal, Presses Académiques Francophones, Sarrebruck, Allemagne.

[18] Vanier M.-C., Flora L., Lebel P., (2016). « Un professionnel de santé qui exerce une pratique collaborative en partenariat avec le patient », in (Dir. Pelaccia T.) Comment [mieux] former et évaluer les étudiants en médecine et en sciences de la santé, Bruxelles, De Boeck, pp.74-104.

[19] Jouet, E, Las Vergnas O. (2017). “Contribution bibliographique et bibliométrique à l’étude de la place de l’engagement des patients dans le système de recherche en santé ». In Hervé C, Stanton-Jean M, Mamzer M-F (dir). La participation des patients. Paris : Dalloz. pp.203-208

[20] Flora L. (2012). Le patient formateur : élaboration théorique et pratique d’un nouveau métier de la santé. Thèse de doctorat de sciences de l’éducation », Université Vincennes Saint Denis – Paris 8, campus Condorcet, p. 356.

[21] Jouet E. (2014), « La reconnaissance des savoirs des malades : de l’émergence au fait social », dans, (Coord. : Jouet E., Las Vergnas O., Noel-Hureaux E.), Nouvelles interventions réflexives dans la recherche en santé : du savoir expérientiel des malades aux interventiondes professionnels de santé, Paris : Archives contemporaines, pp. 9-21.

[22] Flora L., Jouet E., Las Vergnas O. (2014), « Contribution à la cartographie des publications établissant le fait social de la reconnaissance des savoirs des malades », dans, (Coord. : Jouet E., Las Vergnas O., Noel-Hureaux E.), Nouvelles interventions réflexives dans la recherche en santé : du savoir expérientiel des malades aux interventions des professionnels de santé, Paris, Archives contemporaines, pp. 235-236.

Le lancement du Centre d’innovation du partenariat avec les patients et le public, chaînon manquant de l’Univer-Cité du Soin

Ce printemps 2019 a permis, moins de 9 mois après l’annonce faite lors de la rencontre avec le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation réunis autour des projets PEPS[1] 2018 primés, de passer les différents feux au vert pour donner vie à ce que je nommerais le chaînon manquant de l’Univer-Cité du Soin, le CI3P, Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public.

C’est ainsi la première organisation dans une faculté de médecine en France, et peut-être la seconde au monde après la Direction Collaboration et Partenariat Patient (DCPP) créée au printemps 2013, dans le prolongement de l’ouverture du Bureau Facultaire de l’Expertise Patient Partenaire (BFEPP) initié à l’automne 2010 (Flora, 2012, pp. 221-223 [2] ; Flora, 2015, pp. 407-412 [3]), à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, codirigé par un médecin et un patient. C’est de ce nouveau module de l’Univer-Cité du Soin que traite ce second billet de juin en clôture de la saison printanière.

 

CONTEXTE

 

L’année 2018, année effective de création de l’Univer-Cité du Soin co-conçue par Jean-Michel Benattar, médecin membre fondateur de l’association Maison de la Médecine et de la Culture (MMC) et l’auteur de ce billet Luigi Flora, patient co-concepteur du modèle de Montréal sur le partenariat de Soin avec le patient au cours de 2016. Cette émergence s’est organisée dans le cadre d’une greffe entre l’esprit Niçois (Benattar, Flora, 2016 [4]; Flora, Benattar, Scheffer, 2017 [5] ; Flora, Benattar, Desserme, Claessens, Darmon, 2019 [6]) et l’initiative paradigmatique Québécoise au sein de laquelle une méthodologie sensée permettre le déploiement d’une culture portant la nouvelle vision du soin (Karazivan et al, 2015) [7] générée avait été élaborée. Cette dernière prévoit ce développement culturel avec d’un côté, la formation des futurs professionnels de la santé et l’accompagnement des professionnels en exercice par le développement professionnel continu et les démarche d’amélioration de la qualité des soins d’une part et le développement d’espaces d’éducation populaire pour sensibiliser les citoyens d’autre part afin qu’ils puissent se mettre en situation de partenariat dès leurs premiers contacts avec le système de santé et ses acteurs (Flora, Berkesse, Dumez, 2014 [8] ; Boivin, Flora, Dumez et al, 2017 [9]).

 

DÉVELOPPEMENT DE L’UNIVER-CITÉ DU SOIN À NICE

 

Je ne reviendrais pas dans le détail de ce que compose l’Univer-Cité du Soin dans la cité de Nice car d’autres billets de ce log traitent du sujet, mais de la manière dont celle-ci est apparue en comparaison du modèle de Montréal.

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Alors que les Québécois ont initié leur œuvre, à partir de la Faculté de Médecine, le projet Niçois devenu réalité en 2018 est lui advenu à partir d’un mouvement citoyen dont le véhicule était et reste la MMC. C’est en effet au fil de l’activité citoyenne fédérant dans la ville de Nice citoyens et organisations au fil de la migration des évènements dans divers lieux de rencontre de la cité, et donc d’une organisation non gouvernementale plus large que celle généralement encadrée par les lois de démocratie sanitaire (2002) et démocratie en santé (2016) dont la représentation est assurée par des associations d’usagers agréées, qu’une relation s’est tissée entre universitaires et citoyens. C’est suite à ce processus que sont nés les différents modules de cette Univer-Cité (Universitaire et Citoyenne). C’est ensuite en novembre 2018 le prix décerné pour l’innovation pédagogique issue de la collaboration entre la Maison de la Médecine et de la Culture et la faculté de médecine, sous le leadership assumé du doyen, Patrick Baqué que s’est organisée la naissance de cette nouvelle entité au sein de la Faculté de médecine, le Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public (CI3P).

Fin avril, le CI3P a été validé par le conseil de Faculté, alors que la semaine dernière a été signée la première convention de financement avec une institution. Nous avons de plus, depuis le mois de janvier, le soutien de la Haute Autorité de Santé (HAS) pour lancer, à l’image de ce qui a été initié en 2016 au Canada, une chaire de recherche sur le partenariat de soin avec les patients et le public. C’est une autre différence, car le Centre d’Excellence du Partenariat avec les Patients et le Public (CEPPP) installé au centre de recherche du CHU est né de l’association entre le titulaire de cette chaire, Antoine Boivin et la Direction Collaboration et Partenariat Patient (DCPP), c’est le leadership affiché de la HAS et la création du CI3P qui pourraient nous permettre d’initier cet axe de recherche.

 

L’ACTION DU CI3P

 

Un axe de recherche dont le premier événement, peut-être fondateur, aura lieu les 14 et 15 octobre prochain à travers le second colloque international sur le partenariat avec les patients et le public, après celui des 2 et 3 mai 2019 organisé à Montréal et le premier en Europe. Ce colloque, dont l’entrée sera gratuite et cependant sous inscription préalable, se tiendra en introduction du congrès d’automne de la société internationale francophone d’éducation médicale (SIFEM), déjà annoncé dans ce blog (Les informations sur le colloque et l’appel à communications vous sont proposées ici)

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alors que l’Univer-Cité du Soin par sa composante MMC propose dès la semaine prochaine

le second séminaire inspiré de la médecine narrative autour du handicap (les 13-14-15 juin) à partir, comme à chaque rencontre d’une œuvre d’Art, la pièce de théâtre Elephant Man, événement relayé par la presse locale (La Strada et Nice Matin).

Cependant, l’équipe constituant cette nouvelle entité déjà constituée depuis plusieurs mois a initié, au cours du printemps, une sensibilisation importante au delà de la Faculté de médecine au sein de laquelle son intégration dans les missions de cette dernière s’organise, à travers différents groupes de recherche en médecine générale et de la constitution d’un groupe pluri-professionnel (médecine générale, organisations infirmières, sages-femmes) dont le dernier groupe s’est réuni la semaine dernière à Nice dans le lancement du projet ACCORD ; à la journée annuelle de formation des instituts de formation des sciences infirmières et cadre de santé (CEFIEC 2019) après qu’en mai nous étions présents auprès du groupe de recherche qualitative en médecine générale (GROUMF) et que votre serviteur a participé à l’animation d’une journée de l’Institut de recherche en médecine générale (IRMG).

 

CONCLUSION

 

Alors que l’Univer-Cité du Soin s’est enrichie de ce que nous considérons comme le chaînon manquant qui permettra le développement, comme cela s’organise au Canada depuis 2016, de la culture du partenariat avec les patients et le public, selon cependant l’esprit Niçois (enrichi de l’esprit critique Niçois développé par les étudiants de la faculté de médecine de Nice-Sophia-Antipolis et de la philosophie portée par la Maison de la Médecine et de la Culture (MMC)), donc au delà d’un copier-coller, dans le soin et ses diverses modalités d’expression dont l’exercice médicale et paramédical et les organisations de soins. Pour atteindre cet objectif, le lancement du Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public va fédérer une communauté de patients, de proches et de citoyens pour accompagner les initiatives mentionnées.

Cette nouvelle forme, en France, de participation des citoyens aux orientations et actions politiques, selon le sens étymologique du terme, c’est-à-dire anticipation et organisation de la vie de la cité, s’organise à l’image de ce qui intéresse aujourd’hui une partie toujours plus importante de la population, l’Univer-Cité du Soin jusqu’ici et à partir de cette fin de printemps le CI3P, participe à cela dans son champ d’expertise celui de la santé en œuvrant à la mobilisation de la complémentarité des savoirs de la vie avec la maladie des patients, des savoirs acquis de la maladie par les professionnels de santé et des savoirs d’usages des citoyens pour leur santé.

 

 

NOTES ET REFERENCES

[1] PEPS : Passion Enseignement et Pédagogie dans le Supérieur

[2] Flora L. (2012). Le patient formateur : élaboration théorique et pratique d’un nouveau métier de la santé, Thèse de doctorat de sciences sociales, spécialité « Sciences de l’éducation », Université Vincennes Saint Denis – Paris 8, campus Condorcet.

[3] Flora L. (2015), Le patient formateur : nouveau métier de la santé ? Comment les savoirs expérientiels de l’ensemble des acteurs de santé peuvent relever les défis de nos systèmes de santé, Presses Académiques Francophones, Sarrebruck, Allemagne.

[4] Benattar J.-M., Flora L.(2016). « En quoi un espace d’apprentissage citoyen autour de la médecine et de la culture peut-il transformer les usages et les représentations des professionnels de la santé ? ». Colloque d’Anthropologie en santé sur « Les savoirs d’expérience en santé : Fondements épistémologique et enjeux identitaires« , Université de Lorraine, Metz. Les 24-25 octobre 2016.

[5] Flora L., Benattar J.-M., Scheffer P. (2017). « Le mouvement bottom up prendrait-il une place sur les démarches top down dans les formations aux professions de la santé ? Où comment enrichir le mouvement de démocratie en santé », Colloque national du Collège des Sciences Humaines et Sociales en éducation médicales 2017 (CoSHSeM), Faculté de médecine, Université de Strasbourg, 22-24 juin 2017. Le COSHEM est devenu COLHUM durant ce congrès ou Collège National des Humanités Médicales.

[6] Flora L., Benattar J.-M., Desserme R., Claessens A., Darmon D. « L’UniverCité du Soin : Espace de transformation pour une transformation des espaces et des pratiques« . 8° Colloque Santé, Innovons pour innover : savoir mobiliser de nouveaux outils conceptuels et méthodologiques pour transformer durablement le champ de la santé, Kedge Business School, Marseille, 20 et 21 mai 2019.

[7] Karazivan P., Dumez V., Flora L., Pomey M.-P., Del Grande C., Guadiri S., Fernandez N., Jouet E., Las Vergnas O., Lebel P. (2015), « The Patient as Partner in Care : Conceptual Grounds for a Necessary Transition », Academic Medicine, April 2015 – Volume 90 – N° 4 – pp.437–441.

[8] Flora L., Berkesse A., Dumez V., (2014). « An emerging partnership with patients allows to prototype a new relational system in health care system ». International Transformative Learning Conference XI. Columbia University, New York, USA, October 24 – 26.

[9] Boivin A., Flora L., Dumez V., L’Espérance A., Berkesse A., Gauvin F.-P. (2017).« Transformer la santé en partenariat avec les patients et le public : historique, approche et impacts du “modèle de Montréal”. In « La participation des patients » « vol. 2017, Paris : Editions Dalloz, pp. 11-24.

Débouché francophone du 1er sommet international sur le partenariat patient !

Ce billet traite des potentialités offertes par le 1er sommet international sur le partenariat avec les patients qui s’est déroulé les 2 et 3 mai denier à Montréal, à l’initiative du Centre d’Excellence sur le Partenariat avec les Patients et le Public (CEPPP) lancé en 2016 par l’impulsion de la 1ère chaire Canadienne sur le partenariat avec les patients et le public et la Direction Collaboration et Partenariat Patient (DCPP) de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, et plus particulièrement de ce qui émerge en France et en Europe.

CONTEXTE

Alors que les premiers jours de mai ont vu se tenir, dans un grand hôtel de Montréal, à l’initiative du centre d’excellence du partenariat avec les patients et le public du centre de recherche du centre hospitalo-universitaire de l’Université de Montréal, un groupe informel de francophones présents a décidé de se réunir afin d’œuvrer à installer un contexte favorable pour initier une nouvelle culture relationnelle dans le soin et les soins, à l’image de ce qui se développe actuellement en Amérique du Nord, celle du partenariat de soin avec le patient, et pour cela de développer le partenariat avec les patients.

L’ÉVÉNEMENT

C’est au sein de ce congrès organisé sur invitation, auquel ont participé des acteurs mondiaux majeurs dans la transformation des systèmes de santé avec les patients et les citoyens, enrichis de la présence de quelques acteurs majeurs, tel le directeur du département santé de Google, que s’est dessiné ce qui pourrait être une alliance francophone pour le développement de la culture du partenariat.

Le contexte était, je dois bien l’admettre, propice à l’advenir d’événements tels le regroupement d’acteurs parmi les membres et organisations présentes ; étaient ainsi présents par exemple : Robert Califf, cardiologue et ancien commissaire de la Food and Drug Administration (FDA) sous la présidence de Barack Obama ; une représentante du british Medical Journal (BMJ) (revue qui la première a décidé d’intégrer des relecteurs évaluateurs patients), Tessa Richards, auteure en 2013 d’un édito invitant à laisser aller la révolution patient (Richard et al, 2013)[1],

ce que certains auteurs considèrent comme le Blockbuster du 21ème siècle (Dentzer, 2013) [2] ; une représentante de l’équipe de Kate Lorig, la pionnière de Stanford dans la mise en place de groupes de Self management (1985[3]; 1999[4]); Kristin Carman de l’organisation Picori (Carman et al, 2013)[5] implantée aux USA et bénéficiant de budgets colossaux pour nous français ; July Drury, qui préside la chaire consultative des patients et des familles dans la coordination des soins complexes en Ontario ; Le directeur de l’agrément Canada, le directeur de l’Institut National d’Excellence en santé et services sociaux (INESS), institut correspondant au Canada à la Haute Autorité de Santé s’il était possible de comparer des organisations entre pays ; Karl Swedberg, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Gotëburg (L’université ayant reçu le plus important budget de recherche de l’Union Européenne sur l’approche patient centrée) ; Angela Coulter, professeure et chercheuse à l’Université d’Oxford (Coulter 2011)[6]; une équipe de l’Université de Mac Master spécialisée en recherche et démarches participatives avec les citoyens et les populations qu’a rejointe u n des chercheurs présent lors du lancement du centre d’Excellence sur le partenariat avec les patients et le public, François Pierre Gauvin et quelques francophones dont l’auteur de ce billet.

Un environnement réuni pour la première fois en présence de Jean Rouleau, le doyen qui a, le premier, initié un partenariat avec les patients en introduisant des patients afin de questionner la formation des médecins et créant ainsi un bureau facultaire de l’expertise patient partenaire à l’automne 2010 (Flora, 2012[7] ; 2015[8]), puis de la doyenne actuelle, Hélène Bois-Joli qui a accompagné de son leadership, de par sa bienveillance, la transformation de ce bureau Facultaire à l’origine constitué de patients (BFEPP) en une direction collaboration et partenariat patient (DCPP), une équipe démontrant la complémentarité des savoirs constituée de professionnels de santé cliniciens et gestionnaires, de patients et de chercheurs.

MÉMOIRE

C’est de cette action que cet événement est le prolongement et il était important d’inviter ceux qui étaient à l’initiative de l’action entreprise. Cela a d’ailleurs été un moment important de rappeler l’importance des membres de l’équipe ayant joué un rôle majeur aujourd’hui partis dans d’autres missions, ou encore décédés, car nous avons vécu depuis le début de l’année le deuil. En effet trois patients partenaires mobilisés depuis les débuts sont décédés depuis le début de l’année. Parmi eux, l’un nous a laissé une trace qui selon moi, mais également de nombreux membres de l’équipe ne fait que motiver notre action à travers cette citation

«  La maladie aura été pour moi un grand privilège ayant traversé ma vie »

Nul doute que cette phrase prend sens car durant cette dernière décennie, il aura participé à un réel projet de société, diffusé la culture selon la vision du soin en partenariat avec le patient.

L’ÉMERGENCE D’UNE NOUVELLE ÉTAPE

C’est de cet héritage que se lève en ce printemps 2019 un nouveau groupe ayant l’ambition de créer une alliance pour continuer de développer le partenariat patient en francophonie, et c’est ce à quoi l’Univer-C-ité du Soin, ayant vu le jour en janvier 2018 grâce à une entreprise citoyenne lancée début 2015, la Maison de la Médecine et de la Culture (MMC). (Flora et al, 2019)[9] compte participer.

CONCLUSION

 

Dans l’attente de la communication concernant cette alliance, rendez-vous est donné les 14 et 15 octobre 2019 à Nice pour le 1er colloque international en France sur le partenariat avec les patients dans l’enseignement des sciences de la santé, entre pairs, dans les milieux de soins et dans la recherche en santé. Un colloque adossé à celui de la société internationale francophone d’éducation médicale (SIFEM), les deux événements se tenant entre la faculté de médecine et le CHU de l’Université Côte d’Azur.

 

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

[1] Richards T., Montori V. M., Godlee F., Lapsley P., Dave Paul D. (2013), « Let the patient revolution begin : Patients can improve healthcare: its time to take partnership seriously », BMJ, 2013; 346: f2614 doi: 10.1136/bmj.f2614

[2] Dentzer, S. (2013). « Rx For The ‘Blockbuster Drug’ Of Patient Engagement ». Health Affairs. N° 32: p. 202.

[3] Lorig K., et al. (1985), « Outcomes of self-help education for patients with arthritis », Arthritis and Rheumatism, vol. 28, N°6, pp. 680-685.

[4] Lorig K., et al. (1999), Chronic Disease Self-Management Course Leader’s Manual. Palo Alto, CA : Standford Patient Education Research Centre.

[5] Carman KL, Dardess P, Maurer M, Sofaer S, Adams K, Bechtel C, et al. (2013) « Patient an family engagement: a framework for understanding the elements and developing interventions and policies ». Health Affairs, (Millwood). 2013; N°32, Vol. 2, pp. 223-231.

[6] Coulter A. Engaging patients healthcare, 2011, University of Oxford, UK, Open University Press.

[7] Flora L. (2012). Le patient formateur : élaboration théorique et pratique d’un nouveau métier de la santé », Thèse de doctorat de sciences sociales, spécialité « Sciences de l’éducation », Université Vincennes Saint Denis – Paris 8, campus Condorcet, p. 221.

[8] Flora L. (2015), Le patient formateur : nouveau métier de la santé ? Comment les savoirs expérientiels de l’ensemble des acteurs de santé peuvent relever les défis de nos systèmes de santé, Presses Académiques Francophones, Sarrebruck, Allemagne, p. 407.

[9] Flora L., Benattar J.-M., Desserme R., Claessens A., Darmon D. (2019). « L’UniverCité du Soin : Espace de transformation pour une transformation des espaces et des pratiques« . 8ème Colloque Santé, Innovons pour innover : savoir mobiliser de nouveaux outils conceptuels et méthodologiques pour transformer durablement le champ de la santé, Marseille, Kedge Business school, les 20 et 21 mai 2019.

Quelle est la dynamique du partenariat patient en 2019 ?

En cette fin de mois d’avril s’organise une nouvelle phase tant nationale qu’internationale de l‘état de la recherche comme du déploiement du partenariat de soin avec les patients. C’est de cette approche et de ses développements que traite ce billet d’avril.

À titre de leader dans le domaine de la santé, je suis invité, début mai, au 1er Sommet international sur le partenariat avec les patients et le public à Montréal (Québec, Canada), les 2 et 3 mai 2019, alors qu’en France, la conférence des doyens, à travers son président, ont missionné une équipe pour considérer la mobilisation des patients et évaluer leur pertinence dans l’enseignement médical en prévision des réformes de 2ème et 3ème cycle des études de médecine. C’est donc à une équipe de la faculté de médecine de Strasbourg, université dont le doyen est actuellement le président de la conférence des doyens que ce travail est dévolu.

Ce sommet de mai lui, est organisé par le Centre d’excellence sur le partenariat avec les patients et le public (CEPPP) de l’Université de Montréal dont l’auteur de ce billet est un proche collaborateur depuis 2010 et se trouve donc convié en tant que leader dans le développement, l’élaboration de concepts et la recherche dans le domaine du partenariat avec les patients, une expertise et une participation soulignée comme essentielle à cet important événement dans la lettre d’invitation que j’ai reçu au début du printemps.

Ce sommet sera l’occasion, presque dix ans après les débuts du premier bureau des patients [1] constitué dans une faculté de médecine occidentale afin d’amener un regard critique et des propositions dans les études médicales (Flora, 2012 [2] ; Flora, 2015 [3] ; Boivin et al, 2017 [4]), et des 3 ans d’existence du Centre d’Excellence du partenariat avec les patients et le public (CEPPP), ouvert dans le prolongement de l’attribution d’une chaire Canadienne sur ce thème, de faire un point sur la connaissance, les recherches en cours, le réseau créé, sa dynamique et son développement.

2019 sera également l’occasion et cela a été mis en place concrètement durant ce mois d’avril, après des mois de maturation, de proposer également un premier colloque sur le sujet en France à Nice à l’automne. Un congrès d’ailleurs annoncé au conditionnel dans un précédent billet de février et dont nous savons maintenant qu’il se tiendra tel qu ‘annoncé alors. C’est à dire en ouverture du prochain congrès de la société internationale francophone d’éducation médicale (SIFEM). Ces deux évènements se tiendront en chevauchement des deux quinzaines du mois d’octobre. Le colloque sur le partenariat aura lieu les lundi et mardi 14 et 15 octobre et le congrès de la SIFEM sur l’éducation médicale francophone du 16 au 18 dans les mêmes locaux entre CHU et faculté de médecine de l’université Côte d’Azur.

Nous devrions ainsi en 2019 avoir un état des lieux assez précis tant de la maturité de cette approche que de ses développements en Amérique du Nord, mais également en Europe à travers les expériences Italiennes (Vanier et al, 2014 [5] ; Padula, Aggazzotti 2014 [6]) ; Suisse (HUG, 2017) [7], Belge (Lecocq et al, 2018 [8] ; Pétré et al, 2018 [9]), ou encore Française (Charoy-Brejon, 2016 [10] ; Flora, 2017 [11])

Ce sera, espérons le, également l’occasion de présenter le premier événement international de la chaire sur le partenariat de soin avec le patient, annoncé également lors du billet de février, que nous tentons d’initier avec l’équipe engagée dans l’UniverCité du Soin, avec le soutien et l’intérêt de la Haute Autorité de Santé (HAS), le département d’enseignement et de recherche de médecine générale sous le leadership de Patrick Baqué le doyen de la faculté de médecine et le laboratoire pluridisciplinaire d’anthropologie et de psychologie cognitive (LAPCOS) de l’Université Côte d’Azur.

CONCLUSION

Gageons que l’année 2019 permettra de faire émerger une connaissance plus précise des évolutions du partenariat avec les patients cette nouvelle forme spécifique d’implication des patients dans leur soin, dans les soins, et dans le système de santé dans sa globalité, enseignement des professionnels de santé et des acteurs dans le soin, milieux de soins et recherche dans le domaine de la santé pour une application optimale de la loi du 4 mars 2002 portant sur le droit des malades et la qualité du système de santé dont le volet de démocratie sanitaire doit permettre l’implication des patients à toutes les strates de son organisation. Une nouvelle impulsion peut, à l’image de ce courant international (Boivin et al, 2014 [12] ; Ghadiri et al, 2017 [13]; Boivin et al 2018 [14]) à l’approche des 20 ans de la promulgation de cette loi cadre, héritée de l’impulsion donnée comme un coup de fouet par l’épidémie VIH SIDA de la fin du 20ème siècle.

NOTES ET RÉFÉRENCES

[1] Un bureau facultaire de l’expertise patient partenaire (BFEPP) devenue en 2013 direction collaboration et partenariat patient [DCPP]

[2] Flora L. (2012). Le patient formateur : élaboration théorique et pratique d’un nouveau métier de la santé. Thèse de doctorat de sciences sociales, spécialité « Sciences de l’éducation », Université Vincennes Saint Denis – Paris 8, campus Condorcet, pp. 221-223.

[3] Flora L. (2015), Le patient formateur : nouveau métier de la santé ? Comment les savoirs expérientiels de l’ensemble des acteurs de santé peuvent relever les défis de nos systèmes de santé, Presses Académiques Francophones, Sarrebruck, Allemagne, pp. 407-412.

[4] Boivin A., Flora L., Dumez V., L’Espérance A., Berkesse A., Gauvin F.-P. (2017). « Transformer la santé en partenariat avec les patients et le public : historique, approche et impacts du “modèle de Montréal”. In « La participation des patients » « vol. 2017, Paris : Editions Dalloz, pp. 11-24.

[5] Vanier M.-C., Flora L., Dumez V. (2014), « Dal Paziente “esperto” al “paziente Formatore : l’esempio dell’Università di Montreal », in (Dir. M.-S. Padula, G. Aggazzotti), Manuale per il docente di medicina generale : comme insegnare la medicina generale nelle cure primarie, Facoltà di Medicina e Chirurgia di Modena, Italia, pp. 149-168.

[6] Padula M.-S., Aggazzotti. G. (Dir.), Manuale per il docente di medicina generale : comme insegnare la medicina generale nelle cure primarie, Facoltà di Medicina e Chirurgia di Modena, Italia,.

[7] CHUG (2017). Rapport d’activité du Centre hospitalo-Univerrsitaire de Genève [HUG], p. 19 :https://www.hug-ge.ch/rapport-activite-2017

[8] Lecocq D, Néron A, Lefebvre H. ((2018). Le patient partenaire des professionnels de la santé pour les exercices de simulation. Dans: Simulation et formations aux métiers de la santé. Paris: Seli Arslan.

[9] Pétré B., Voz B., Ortiz I., Gillain N., Husson E., Guillaume M., Bragard I. (2018). « L’Approche Patient Partenaire de Soins en question ». Rev. Med. Liege N° 73 : Vol. 12 : pp. 620-625.

[10] Charoy-Brejon C. (2016). Le patient formateur dans un enseignement de l’approche centrée patient à la faculté de médecine de l’UPEC, projet exploratoire. Thèse de médecine, spécialité de médecine générale, Faculté de médecine de Créteil, Université Paris est, Créteil.

[11] Flora L. (2017). « Quand les patients concourent à la formation des professionnels de la santé : l’exemple de l’Université de Montréal pourrait-il servir en France ? », Santé éducation, Numéro spécial, Janvier-avril 2017, pp 21-23.

[12] Boivin A., Lehoux P., Lacombe R., Burgers J., Grol R. (2014), « Involving patients in setting priorities for healthcare improvement: a cluster randomized trial », Implementation Science ; 2014, 9:24, (Accessible sur Internet à l’adresse : https://implementationscience.biomedcentral.com/articles/10.1186/1748-5908-9-24#Bib1

[13] Ghadiri D. P. S., Flora L., Pomey M.-P. (2017).« Le virage patient partenaire de soins au Québec. Reconfiguration de l’exercice du pouvoir médical et lutte pour de nouvelles subjectivités. In « La participation des patients« , Paris : Editions Dalloz, pp. 25-36.

[14] Boivin A., Richards T., Forsythe L., Grégoire A., LEspérance A., Abelson J., Carman K. L. (2018). « Evaluating patient and public involvement in research ». British Medical Journal, edito, December 6, 2018, pp. 1-2. Ref. BMJ 2018;363:k5147 doi: 10.1136/bmj.k5147).

Différence d’évaluation entre médecin allopathique et praticien non conventionnel : Des patients pour évaluer les médecins et autres professionnels de santé ?

Nous sommes, avec l’équipe de la direction collaboration et partenariat patient (DCPP) de la faculté de médecine de l’Université de Montréal, sur le point d’initier un recrutement structuré méthodologiquement pour constituer une masse critique de patients susceptibles d’évaluer de manière sommative les étudiants en médecine. Des étudiants qui recevront ou non, à la suite de l’examen, le titre de médecin. À l’heure où notre codirecteur médecin de la DCPP vient de se voir décerner un second prix en deux ans, à travers le certificat de mérite de l’association Canadienne en éducation médicale (ACEM), ce billet traite d’un des éléments découverts par l’auteur de ces lignes lors de la recherche qui a mené à structurer la démarche de recrutement des patients formateurs en évaluation sommative.

 

CONTEXTE

 

La faculté de médecine de l’Université de Montréal a, très tôt après le lancement en 2010 d’un bureau de l’expertise patient (Flora, 2012)[1] devenu en 2013 Direction Collaboration Partenariat Patient (DCPP), introduit une patiente formatrice dans le comité de recrutement des étudiants en médecine. La DCPP a également introduit progressivement dans certains ateliers et cours des patients formateurs avec des responsabilités d’évaluations formatives (Vanier, Flora, Lebel, 2016[2] ; Flora, Berkesse, Payot et al, 2016[3]). Il a ainsi été décidé de tenter une expérimentation auprès de quelques étudiants n’ayant pas pu se présenter à l’examen, pour des raisons de santé ou autres raisons tout aussi pertinentes. Cette expérimentation organisait une coresponsabilité d’évaluation sommative entre médecins et patients dans le cadre d’un examen permettant d’accéder au titre de médecin. C’est suite à cette expérimentation et aux analyses qui en sont issues, comme fruit de cette expérimentation par les comités d’évaluation de la faculté de médecine, que m’a été confiée la responsabilité d’identifier les compétences requises par les patients et le type de recrutement des patients pour mener ce type d’évaluation. C’est ce sur quoi j’ai travaillé durant le second semestre 2018 pour l’université de Montréal.

 

ÉCLAIRAGE CONTEXTUEL SUR LES MODES D’ÉVALUATION

 

Pour le tout venant, les termes d’évaluation formative et d’évaluation sommative ne sont pas signifiants. Je vais tenter une explication la plus claire possible. En pédagogie, il existe principalement deux types d’évaluation. La première, l’évaluation formative a pour but d’évaluer les forces et les manques de l’apprenant afin de mieux le guider dans le chemin à parcourir au cours de sa formation, de quelque nature qu’elle soit. Il s’agit donc de favoriser les apprentissages de l’apprenant tout en renseignant l’enseignant, le formateur sur les acquis et ce qui doit être appris ou approfondi. La seconde, dite évaluation sommative, a pour objectif la certification. Elle a pour fonction l’attestation ou la reconnaissance des apprentissages. Elle survient au terme d’un processus d’enseignement. Elle sert à sanctionner en infirmant ou confirmant le degré de maîtrise des apprentissages du ou des étudiants et le plus souvent donne lieu à certification. Elle est sous la responsabilité du ou des enseignants et doit être réalisée de façon juste et équitable en reflétant les acquis des étudiants.

 

LA RECHERCHE COMME MOYEN

 

C’est donc, en tant que patient chercheur que je me suis attelé à cerner le moyen de mener la mission qui m’était confiée. Ayant déjà identifié les compétences mobilisées par les patients formateurs (Flora, 2012 ; 2015a [4]) recrutés par l’université de Montréal pour enseigner en sciences de la santé (Flora, 2015 b [5], 2016 [6]), une méthodologie assise sur l’épistémologie des savoirs expérientiels (Jouet, Flora, Las Vergnas, 2010) [7], des savoirs d’expériences mobilisés en compétences, je détiens, à priori l’expérience nécessaire pour mener à bien la mission confiée., je détiens, a priori l’expérience nécessaire pour mener à bien la mission confiée. C’est ainsi, qu’à partir de ma propre expérience, issue d’une réflexivité exercée depuis des décennies maintenant, j’ai conscientisé ma propre capacité à évaluer les acteurs de santé que je croise au fil de mon parcours. Cependant en terme d’évaluation, il est souvent question de cerner les éléments (souvent nommés indicateurs) qui permettront de cerner la direction à prendre mais également d’être capable d’identifier des émergences, comme l’a très bien décrit Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie et professeur à l’Université Columbia de New-York dans un article publié dans le quotidien Le Monde du 13 décembre dernier (Stiglitz, 2018) [8].

J’ai également réalisé, tout comme dans mes travaux précédents sur les savoirs expérientiels, que la plupart de ces processus décisionnels étaient eux mêmes constitués de plusieurs phases de microdécisions. Cependant, le plus important consistait à réaliser que l’ensemble de ces processus s’organisait en moi, comme pour la majorité de patients, en un continuum d’actions menées sans même en être pleinement conscient. Dès lors, il s’agissait de chercher le meilleur moyen d’enquête qui permettrait aux patients interrogés sur leur expérience de mettre au jour ces processus. C’est ce à quoi, au cours d’entretiens exploratoires, je me suis attelé. C’est dans cet esprit que j’ai enquêté auprès de patients ayant un suivi régulier auprès d’un ou de plusieurs médecins.

 

LES RÉSULTATS DE LA RECHERCHE

 

Après plusieurs mois et nombre d’entretiens menés auprès de patients, les données sont arrivées à saturation. Ce terme de saturation, en sociologie, signifie que multiplier des entretiens n’apportera plus d’éléments significatifs à la recherche. J’ai eu l’occasion d’identifier des éléments invariants, des constantes, et un certain nombre de variants dont la fréquence d’apparition dans les entretiens variait selon ces points que je ne détaillerai pas plus en détail car ils donneront lieu à publication scientifique.

Je dévoilerai juste deux éléments qui m’apparaissent importants. Le premier réside dans le fait que dans mon hypothèse de départ, j’avais de suite identifié les compétences mobilisées dans le référentiel utilisé à l’université de Montréal par la DCPP, et je pensais que de nouvelles manifestations observables seraient nécessaires pour organiser le processus de recrutement. Or il n’en est rien, nul besoin d’enrichir le référentiel constitué, en l’état, le guide de recrutement devait s’appuyer uniquement sur les manifestations observables de compétences déjà identifiées et pour beaucoup déjà utilisées et cela même si la manière de mener l’entretien diffère pour cette situation précise.

Le second élément, à vrai dire, motivation première de cet article, tient de ce qui a été pour moi une réelle découverte. J’ai en effet appris que les patients qu’il m’a été donné de questionner, de sonder lorsqu’ils évaluent leur(s) praticien(s) allopathique(s) [9] se basent sur un a priori favorable. En effet, ils ont, pour la plupart d’entre eux, confiance en la médecine, en l’autorité médicale et c’est au cours de la consultation que cette confiance pourra être maintenue ou altérée.

À l’inverse, dans leur manière d’évaluer le ou les praticien(s) d’autre(s) type(s) de médecine, il s’agit de construire une relation avec le praticien et envers la médecine qu’il exerce ; ils construisent au fur et à mesure leur confiance à partir des comportements, attitudes et interactions du et avec le praticien. Dans la majorité des cas rencontrés, ils estiment se sentir mieux pris en compte globalement par ces derniers praticiens que par les médecins et autres professionnels de santé. Cela confirme d’autres études déjà menées par mes soins au cours desquelles j’avais constaté que la majorité des malades chroniques, s’ils et quand ils en ont les moyens, choisissent des médecines et thérapies complémentaires.

 

CONCLUSION

 

Au delà du contexte duquel est issue cette manière de penser des patients lorsqu’ils consultent un médecin, l’implication des patients et les interactions générées transforment en profondeur les possibles en éducation médicale et en sciences de la santé. Cette transformation est d’ailleurs bien plus globale car elle initie une action systémique (Ghadiri, Flora, Pomey, 2017 [10] ; Boivin et al, 2018 [11]). Cette action est portée par une vision dégagée par une équipe innovante de l’Université de Montréal, la DCPP de la faculté de médecine, initiatrice du centre d’excellence sur le partenariat avec les patients et le public (CEPPP), constituée à partir d’une chaire canadienne sur le sujet (Boivin et al, 2017) [12] reconnus et mis en avant par le collège royal de médecine du Canada [13].

Apprendre la manière, le plus souvent implicite, de fonctionner des patients en termes d’évaluation de leur(s) praticien(s), des praticiens à qui ils confient au final leur qualité de vie si ce n’est leur vie, a été pour moi source d’émerveillement. Voir s’illuminer les visages de ces personnes se sondant dans des questionnements sur le sujet et découvrant eux mêmes leur manière d’être et de faire m’a procuré un réel bonheur. La plus grande surprise, pour moi, réside dans cette découverte de la manière d’évaluer les praticiens selon l’univers de connaissance dont ils sont issus (médecine allopathique versus non conventionnelle). D’une confiance qui peut être altérée au fur et à mesure des interactions, de l’attention et du « concernement » (Hamrouni, 2009 [14] ; Hermant, Pihet, 2017) [15] proposés au patient par les médecins de notre système de santé, à une confiance à créer, à construire envers le praticien mais également à la médecine ou à la thérapie proposée lorsqu’il s’agit d’une médecine complémentaire ou alternative.

Ce savoir, s’il n’est pas directement utile dans le recrutement de patients amenés à évaluer les étudiants en médecine ou en sciences de la santé, reste une piste d’approfondissement intéressante à suivre. Peut-être devrait elle l’être dans le cadre de l’observatoire des médecines non conventionnelles constitué à l’Université de Nice Sophia Antipolis, université détentrice du prix du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche pour l’innovation pédagogique de formation tout au long de la vie 2018 pour la formation à l’Art du Soin ?

 

NOTES ET RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

[1] Flora L. (2012). Le patient formateur : élaboration théorique et pratique d’un nouveau métier de la santé. Thèse en sciences sociales, spécialité sciences de l’éducation, Université Paris 8, Campus Condorcet, pp. 220-222.

[2] Vanier M.-C., Flora L., Lebel P. (2016) « Un professionnel de santé qui pratique la collaboration interprofessionnelle et le partenariat patient », in Comment [mieux] enseigner la médecine et les professions de santé, Bruxelles, De Boeck, pp. 74-104.

[3] Flora L., Berkesse A., Payot A., Dumez V., Karazivan P. (2016), « Du patient partenaire au partenariat de soins : le « Montreal model », un nouveau paradigme relationnel éthique et humaniste adapté à son temps », Le Journal International de Bioéthique et d’éthique des sciences, février, le volume 27, N° 1, pp. 59-72.

[4] Flora L. (2015a). Le patient formateur : élaboration théorique et pratique d’un nouveau métier de la santé ou comment la complémentarité des savoirs expérientiels des malades et des professionnels de la santé peuvent relever les défis de nos systèmes de santé, éditions des presses académiques francophones, Sarrebruck, Allemagne.

[5] Flora L. (2015 b). Un référentiel de compétences de patient : Pourquoi faire? Du savoir expérientiel des malades à un référentiel de compétence intégré, l’exemple du modèle de Montréal, presses académiques francophones, Sarrebruck, Allemagne

[6]  Flora L. (2016). « Le savoir des malades à travers un référentiel de compétences « patient » utilisé en éducation médicale », La recherche en éducation, N°15, pp. 59-75

[7] Jouet E., Flora L., Las Vergnas O. (2010), « Construction et Reconnaissance des savoirs expérientiels des patients », Note de synthèse du N°, Pratique de formation : Analyses, N°57/58, Saint Denis, Université Paris 8, pp. 13-94.

[8] Stilitz J. (2018). « Il faut mieux mesurer l’économie pour éviter les crises : de meilleurs indicateurs économique auraient révélé les effets extrêmement négatifs et potentiellement prolongés de la crise de 2008 », Le monde, Chronique, le 13 décembre 2018, p.13

[9] La médecine allopathique est la médecine moderne occidentale ou occidentalisée en comparaison des médecines complémentaires ou alternatives qui sont épistémologiquement construites sur d’autres bases.

[10] Ghadiri D. P. S., Flora L., Pomey M.-P. (2017). « Le virage patient partenaire de soins au Québec. Reconfiguration de l’exercice du pouvoir médical et lutte pour de nouvelles subjectivités ». In « La participation des patients« , Collection « Ethique biomédicale et normes juridiques », Paris : Editions Dalloz, pp. 25-36.

[11] Boivin A., Richards T., Forsythe L.,Grégoire A., LEspérance A., Abelson J. professor 4, Carman K.-L. (2018). « Evaluating patient and public involvement in research : If we are serious about involvement, we need to be equally serious about evaluation ». BMJ, December 6, pp. 1-2. (BMJ 2018;363:k5147 doi: 10.1136/bmj.k5147)

[12] Boivin A., Flora L., Dumez V., L’Espérance A., Berkesse A., Gauvin F.-P. (2017). « Transformer la santé en partenariat avec les patients et le public : historique, approche et impacts du “modèle de Montréal ». In « La participation des patients » « vol. 2017, Paris : Editions Dalloz, pp. 11-24

[13] Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (2018). « Que pouvez-vous apprendre du modèle montréalais? », Revue du collège royal des médecins et chirurgiens du Canada « dialogue », décembre 2018  : http://www.royalcollege.ca/rcsite/publications/dialogue/dialogue-december-2018-e#fellowship

[14] Hamrouni N. (2009). « La médiation clinique interculturelle : dix propositions pour le bon usage d’un artifice». Actes du 7ème congrès Européen de psychologie communautaire « valeurs communes, pratique diverses », Paris, p.31.

[15] Hermant E., Pihet V. (dir.), (2017), Composer avec Huntington La maladie de Huntington au soin de ses usagers, p.5 : Rapport téléchargeable sur le site de l’association Dingdingdong : https://dingdingdong.org/a-propos/composer-avec-huntington/