L’espace numérique de l’alliance sans frontières du partenariat de soin avec le patient est ouvert

Il y a 6 mois, le 1er colloque international sur le partenariat de soin avec le patient organisé en France à Nice, par le Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public (CI3P) à la faculté de médecine et au Centre hospitalo-universitaire (CHU) Nice-Pasteur 2 grâce à la mise à disposition de l’amphithéâtre du Galet, lors d’une séance d’intelligence collective clôturant le colloque, a amené les congressistes à décider de la création d’un collectif, d’ une communauté de pratiques à travers une Alliance sans frontières pour le partenariat de soin avec le patient (Flora, Darmon, Benattar, 2019) [1].

Illustration_PP_Nice_Book2019Ce billet annonce le lancement de ce carrefour numérique et en décline la forme d’organisation choisie le 15 octobre 2019.

 

Quelle origine?

 

L’Alliance sans frontières est donc un réseau constitué par les pionniers français œuvrant ou souhaitant œuvrer dans le paradigme de soin apparu au début de la précédente décennie sur l’ile de Montréal grâce à la volonté d’un doyen ayant confié à un patient canadien-français, Vincent Dumez il manque quelque chose (Ted-X, 2012) [2].

C’est à partir de ce duo initial que s’est constituée une équipe franco-québécoise (Flora, 2012) [3], à partir de laquelle a été mis à jour un nouveau modèle relationnel dans le soin, le partenariat de soin avec le patient (Karazivan et al, 2015 [4] ; Pomey et al, 2015 [5]). Une approche qui repense la place des patients partenaires dans le soin, dans les soins et le système de santé.

Remerciant les congressistes pour leur patience, le site Internet accueillant cette communauté de pratiques et/ou d’intérêt est enfin disponible et elle accueille d’ores et déjà les axes décidés lors de la séance d’intelligence collective que sont un répertoire et des fiches méthodologiques des moyens employés pour développer des actions et/ou recherches sur ce sujet :

Retour sur le sens de cette expression d’alliance sans frontières

Il a été retrouvé la congressiste qui avait émis l’expression d’Alliance sans frontières afin d’en définir le sens accepté par l’ensemble des congressistes présents en conclusion de ce 1er congrès. Pour elle, car c’est une patiente [6] « Sans frontières », cela évoque l’absence ou le dépassement des frontières géographiques car étaient présents plusieurs membres et équipes de France, Belgique, Suisse et Canada, mais également dans le sens d’un au-delà des frontières disciplinaires et hiérarchiques.

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Une définition qui rejoint, avec fidélité la philosophie de cette approche développée depuis 2010. En effet, le partenariat de soin avec le patient a été conçu à partir d’un constat (Boivin et al, 2017) [7]. Celui d’un système dans une société de plus en plus constituée en silos, qu’ils soient disciplinaires ou hiérarchiques. Des silos constitués d’organisations spécifiques avec des acteurs formés eux-mêmes selon ses silos créant un système où le seul être humain traversant ses silos de manières expérientielle est le patient, voire le proche dans leur singularité.

C’est une des raisons principales du repositionnement du patient dans cet ensemble que ce soit au niveau micro, méso ou macro.

 

Choix de l’espace numérique

 

Le choix de l’espace a été guidé par la philosophie des citoyens [8] ayant permis d’organiser ce premier colloque et des organisations créées pour porter ce projet politique dans le domaine de la santé. Une organisation qui imbrique aujourd’hui des institutions (association citoyenne (MMC) structure académique, CI3P, faculté de médecine, Université Côte d’azur) et des actions (rencontres ciné débat – séminaire international de médecine narrative – formation populaire, initiale et continue ; …) constituant une organisation informelle appelée UniverCité du Soin pour la circulation créée de citoyens dans l’espace académique sans qu’ils soient universitaires et d’universitaires dans les espaces de rencontres citoyens.

LOGOUniverCiteDuSoin_rubrique_11042020-copieC’est donc le site Internet www.univercitedusoin.eu qui a été choisi pour accueillir cette nouvelle forme de rencontre et d’échanges que constitue l’Alliance sans frontière pour le partenariat de soi avec le patient.

 La continuité d’un mouvement initié

Si Les équipes ayant participé et communiqué lors du colloque en sont les premiers membres sont les membres de fait et se manifesteront sur et au sein de ce carrefour numérique, d’autres équipes se sont déjà renseignées pour rejoindre cette Alliance sans frontières, tel, par exemple les congressistes du 2ème colloque international sur le partenariat de soin avec le patient qui se déroulera en septembre à Toulouse, ou encore d’autres équipes ayant déjà pris contact.

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Conclusion

Ce site Internet permet de participer à la réalisation de ce déploiement et se propose d’être un carrefour d’expériences dans lequel chaque membre individuel ou collectif peut être contacté. Un possible de mise en lien qui permet ainsi de créer, renforcer des collaborations en cours ou encore réactiver des initiatives passées. Un cadre qui favorise les possibilités d’accéder à une meilleure connaissance. Un carrefour qui potentialise la possibilité d’approfondir nos connaissances, que ce soit pour confirmer sa pertinence, et dans ce cas pour encourager son ou ses développements, ou pour infirmer la pertinence de cette approche et d’en connaître les raisons, voire de nous permettre de réorienter les développements.

 

Notes et références bibliographiques

 

[1] Flora L., Darmon D. Benattar J.-M. (Coord.).(2019), Contribution à l’état de l’art : Retour sur le 1er colloque International en France sur le partenariat de soin avec le patient à partir des communications et écoévaluations. Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public (CI3P), Université côte d’azur. ( Publication numérique accessible sur demande).

[2] Dumez V. (2012). The patient: A missing partner in the health system: Vincent Dumez at TEDxUdeM, Polytechnique Montréal, Université de Montréal, Québec, Canada.

[3] Flora L. (2012). Le patient formateur : élaboration théorique et pratique d’un nouveau métier de la santé. Thèse de doctorat de sciences sociales, spécialité « Sciences de l’éducation », Université Vincennes Saint Denis – Paris 8, campus Condorcet.

[4] Karazivan P., Dumez V., Flora L., Pomey M.-P., Del Grande C., Guadiri S., Fernandez N., Jouet E., Las Vergnas O., Lebel P. (2015), « The Patient as Partner in Care : Conceptual Grounds for a Necessary Transition », Academic Medicine, April 2015 – Volume 90 – N° 4 – pp.437–441.

[5] Pomey M.-P., Flora L., Karazivan P., Dumez V., Lebel P., Vanier M.-C., Débarge B., Clavel N., Jouet E. (2015), « Le « Montreal model » : enjeux du partenariat relationnel entre patients et professionnels de santé », Santé publique, HS, 2015/S1, pp.41-50.

[6] Cette patiente est depuis impliquée en tant qu’étudiante dans le DU Art du Soin en partenariat avec le patient, une formation recevant étudiants en médecine, professionnels de santé en exercice, patients et proche, une formation qui a reçu en 2018 le prix de l’innovation pédagogique en formation tout au long de la vie décerné par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.

[7] Boivin A., Flora L., Dumez V., L’Espérance A., Berkesse A., Gauvin F.-P. (2017).« Transformer la santé en partenariat avec les patients et le public : historique, approche et impacts du “modèle de Montréal”. In « La participation des patients » « vol. 2017, Collection « Ethique biomédicale et normes juridiques », Paris : Editions Dalloz, pp. 11-24

[8] Les citoyens fédérés au sein de la Maison de la Médecine et de la Culture (MMC)

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Les livres

Ouvrages

 
 
 
 
-Flora L., Darmon D., Benattar J.-M. (Dir.)(2021). La revue sur le partenariat de soin avec le patient : Analyses, N°2, le centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public (CI3P), Université Côte d’Azur.
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Benattar J.-M., Flora L. (2021). Philippe Barrier, autonormatividade e criatividade : a lição da deficiência, in (Coord. Mamzer, Cabral), (O) usar a literatura : um laboratório virtual para reflexão Sauda, pp. 30-32.
 
Anthologie_osons_la_litterature_Portuguaise
 
- Flora L. (2021) « Reconnaissance des savoirs expérientiels des patients et coproduction de savoirs de soins avec les patients et les citoyens au 21ème siècle » in «  Les défis du décloisonnement : Innovations organisationnelles en santé, Londres : ISTE éditions, pp. 27-50.
 
Iste_livre_Kedge_partenariat_2021
 
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- Flora L., Darmon D., Benattar J.-M. (Dir.)(2020). La revue sur le partenariat de soin avec le patient : Analyses, N°1, le centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public (CI3P), Université Côte d’Azur.
 
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-Flora L. « Données quantitatives sur les avis des écoutants de SOS Amitié ». L’écoute au coeur du métier de bénévole., (Dir. Ferrand-Bechmann D.), Paris : Chroniques sociales, pp. 35-51
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- Flora L., Darmon D. Benattar J.-M. (Coord.).(2019), Contribution à l’état de l’art :  Retour sur le 1er colloque International en France sur le partenariat de soin avec le patient à partir des communications et écoévaluations. Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public (CI3P), Université côte d’azur.
 
Illustration_PP_Nice_Book2019
 
 
- Ghadi, V., Flora L. , Jarno, P., & Lelievre, H. (2019). The Engagement Conundrum of French Users. In M.-P. Pomey, J.-L. Denis, & V. Dumez (Eds.), Patient Engagement : How Patient-provider Partnerships Transform Healthcare Organizations : Springer International Publishing, pp.199-231.
 
 
-Flora L. (2019). « Quand l’épreuve singulière de la vie avec la maladie devient processus de transformation d’un système de santé », in Chemins de la formation, Hors série, Vivre la maladie, entre épreuves, récits et histoire, pp.115-131.
 
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-Benattar J.-M., Flora L. (2019).  » Philippe Barrier, autonormativité et créativité : la leçon du handicap« , dans l’ouvrage (Dir. Cabral M., Mamzer M.-F.). Médecins, soignants osons la littérature : un laboratoire virtuel pour la réflexion éthique. éditions Sipayat, pp. 30-32.
 
 
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-Sannié T., Flora L. « Impliquer les patients pour mieux accompagner ces populations vulnérables et mieux former les professionnels, in Legrain S., Roelandt J.-L., Lefeuvre K. (dir). (2018). Le pouvoir d’agir « empowerment » des patients questionne l’éducation thérapeutique et ses acteurs. Restitution intégrale d’une recherche action avec les patients. Edition collective, Direction Générale de la Santé, Association française des hémophiles, CCOMS en santé mentale de Lille, Université Sorbonne cité, Université Diderot, Laboratoire Ecève, INSERM, EHESP, p.26.
 
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- Boivin A., Flora L., Dumez V., L’Espérance A., Berkesse A., Gauvin F.-P. (2017).« Transformer la santé en partenariat avec les patients et le public : historique, approche et impacts du “modèle de Montréal”. In « La participation des patients » « vol. 2017, Collection « Ethique biomédicale et normes juridiques », Paris : Editions Dalloz, pp. 11-24

- Ghadiri D. P. S., Flora L., Pomey M.-P. (2017).« Le virage patient partenaire de soins au Québec. Reconfiguration de l’exercice du pouvoir médical et lutte pour de nouvelles subjectivités. In « La participation des patients« , Collection « Ethique biomédicale et normes juridiques », Paris : Editions Dalloz, pp. 25-36.

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- Vanier M.-C.,Flora L., Lebel P. (2016), « Un professionnel de santé qui exerce une pratique collaborative en partenariat avec le patient », in (Dir. Pelacia T.) Comment [mieux] former et évaluer les étudiants en médecine et en sciences de la santé, Bruxelles, De Boeck, pp. 74-104.

ouvrage_former_professionnelssante_deboek

- Flora L., Berkesse A., Payot A., Dumez V., Karazivan P. (2016), « L’application d’un modèle intégré de partenariat patient dans la formation des professionnels de la santé : vers un nouveau paradigme humaniste et éthique de co-construction des savoirs en santé« , Le Journal International de Bioéthique et d’éthique des sciences, volume 27, N° 1, pp. 59-72.

 
 jibes2016
-Lebel P., Dumez V. Vanier M._C. (dir.), Berkesse A., Boivin A., Bonin L., Bouffard M., Bouthillier M.-E., Brault I., Briand C., Cioccio F., Cousineau J. Deschênes B., Dumcharme F. Dumez V., Essiembre H., Fernandez N., Flora L., Gosselin L., Néron A., Karazivan P., Lebel P., Lemieux V. Pelletier J.-F., Pomey M.-P., Vanier M.-C. Voirol C. (2016). Terminologie de la Pratique collaborative et du Partenariat patient en santé et services sociaux. DCPP, CIO, Université de Montréal.
 
 
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img_referentiel_competences
 

- Flora L.(2015). « Du patient « passif » au patient expert. », (Coord. Déchamp-Le Roux C., Rafael F.), In Regards croisés sur l’idée de guérison et de rétablissement en santé mentale, Montrouge, John Libbey Eurotext Limited, pp. 109-119

Img_Ouvrage_SanteMentale_France_automne2015

- Flora L., Lebel P., Dumez V., Bell C., Lamoureux J., Saint-Laurent D.. »L’expérimentation du Programme Partenaires de soins en psychiatrie : le modèle de Montréal.« , Santé mentale au Québec, printemps 2015, Vol. XL, N°1, pp.101-118.

IMG_SMQ_2015

- Flora L.(2015). « Des patients réflexifs au potentiel de transformations des systèmes de santé. » inScheffer P. (Coord.), Les métiers de la santé face aux industries pharmaceutique, agroalimentaire et chimique : quelles formations critiques ?, Paris, L’Harmattan, pp.55-65.

Img_Livre_EspritCritiqueSante—————————————————————————————————————————————–

- Flora L. (2014), « Le patient formateur, un nouveau métier pour accompagner un nouveau paradigme au sein du système de santé »dans, (Coord. : Jouet E., Las Vergnas O., Noel-Hureaux E.), Nouvelles interventions réflexives dans la recherche en santé : du savoir expérientiel des malades aux interventions des professionnels de santé, Paris, Archives contemporaines, pp.21-41.

- Flora L., Jouet E., Las Vergnas O. (2014), « Contribution à la cartographie des publications établissant le fait social de la reconnaissance des savoirs des malades », dans, (Coord. : Jouet E., Las Vergnas O., Noel-Hureaux E.), Nouvelles interventions réflexives dans la recherche en santé : du savoir expérientiel des malades aux interventions des professionnels de santé, Paris, Archives contemporaines, pp. 235-236.

img_ouvrage_AEC

- Vanier M.-C., Flora L. Dumez V. (2014), « Dal Paziente “esperto” al “paziente Formatore : l’esempio dell’Università di Montreal», in (Dir. Padula M.-S., Aggazzotti G.), Manuale per il docente di medicina generale : comme insegnare la medicina generale nelle cure primarie, Facoltà di Medicina e Chirurgia di Modena, Italia, pp.149-168.

img_Manuel_Italien_Padula

- Flora L. (2014), « L’émergence du patient-expert. Une nouvelle figure dans le champ de la santé », in Ferrand-Bechmann D., Raybaud Y., L’engagement associatif dans le domaine de la santé, Paris, L’Harmattan, pp.17-38. Ouvrage de sociologie.

livreYRDFBLire un extrait de l’ouvrage qui décrit les articles


-Revue scientifique

- Jouet E. , Las Vergnas O., Flora L. (2012), « Priznavanje izkustvenega znanja bolnikov in bolnic – pregled stanja », Socialno delo, Vol. 51, St. 1-3, de l’université de Lubjana, faculté de sciences sociales, pp. 87-101

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- Ferrand-Bechmann D., Sevilla A., Bourgeois I., Flora L. (2011). Les bénévoles face au cancer. Paris : Desclée De Brouwers.

DFB_Et_Al_BenevolesFaceAuCancer_2011

-Rapports de recherche

- Ferrand-Bechmann D, Bourgeois I., Flora L., Sevilla A. (2011), « La société du Care face au cancer : Les bénévole dans les associations et les groupes d’entraide« , document de synthèse du rapport de recherche produit en 2010 avec le soutien de la Ligue Contre le Cancer.

JPEG - 30.2 ko —————————————————————————————————————————————-

- Ferrand-Bechmann D, Bourgeois I., Flora L., Sevilla A. (2010), La société du Care face au cancer : Les bénévoles dans les associations et les groupes d’entraide, CESOL [Rapport de recherche dans le cadre de la convention PRSH08 DFB du 6 mai 2010,Ligue Nationale contre le Cancer/Université Paris 8]

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-Revue scientifique

- Jouet E., Flora L. (coord.) (2009-2010), Usagers-Experts : la part du savoir des malades dans le système de santé, N°58/59, Pratiques de formation : Analyses, Université Paris 8.

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Covid-19 – À l’heure des choix (sans le patient) de et en réanimation

J’ai lu, ce dimanche matin 5 avril 2020, un certain nombre d’articles qui communiquent au grand public un drame en cours.Ce drame concerne tant les professionnels de santé qui devront vivre avec les décisions prises et à prendre, que pour les personnes apprenant qu’augmente pour eux le risque viral car ils ne seront pas prioritaires dans des services en cas d’évolution vers une forme grave du Covid-19, et ce qui, pour une grande partie de leurs proches, pourrait produire ou nourrir une autre colère. Une colère qui pourrait avoir des conséquences tant pendant qu’après la crise sanitaire actuellement à l’œuvre. Une situation qui a déjà fait réagir au moins deux associations se retournant vers la justice, à travers cette fois ci le conseil d’état, d’une France où l’état de droit constate la multiplication des actions en justice.

Une situation globale qui, de part ma responsabilité au niveau du partenariat avec les personnes à l’épreuve de psychotraumatisme.s au sein du Centre National de Ressources et Résilience (CN2R), me sensibilise aux dégâts psychologiques à venir, m’interroge d’autant plus que, comme souvent dans ce pays, le droit des malades qui lui aussi fait également partie de cet état de droit, n’apparaît dans aucun des articles parcourus et donc, j’en déduis, n’est pas tant connu ou pris en compte à un moment de crise.

Car il existe bien une aide à la décision des médecins devant les difficiles choix qu’ils prennent, à prendre, la directive anticipée. Un choix des citoyens, devenus patients du fait de l’infection virale et de l’interaction qu’elle nécessite avec les cliniciens. De fait, si cette situation ne résoudra pas tout, elle me paraît être une action citoyenne à promouvoir? Une manière de promouvoir l’empowerment tant promu par les instances sanitaires parmi nombre d’injonctions il est vrai contradictoires tant pour le patient que pour les professionnels de santé d’ailleurs.

Un comportement qui permettrait à un certain nombre de patients ou de patients potentiels de ne pas se sentir enfermés par une situation subie. Si le propos peut sembler incongru, je me remémore une recherche-action au cours de laquelle j’ai été amené durant plus d’un an à questionner, tant au cours d’entretiens individuels, que de groupes de personnes vivant au delà de 75 ans (Chain et al, 2018) [1].

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Or, à cette occasion, mes représentations ont été bousculées car, j’ai plus souvent qu’à mon tour entendu certaines de ces personnes âgées me confier, que

« S’il était encore vivant, c’était le fait de la médecine, mais pour quelle vie »

Une question qui devrait en d’autre temps mener à un questionnement collectif éthique, en présence de ceux qui expriment ces paroles lorsque cadre favorable leur est donnée. Des questionnements éthiques qui sont pensés autrement dans d’autres pays. Certains questionnement qui onnt d’ailleurs à travers des études infirmées la pertinences de protocoles d’aide à la décision proposés.

Loin de moi l’idée d’influer en quoi que ce soit sur une décision à prendre, mais bien de ramener chacun à préserver son humanité et surtout de respecter ces choix. Je suis surpris et dans un même temps interpellé que les nombreuses voix et organisations éthiques ne se soient pas clairement manifestées dans le sens du choix du patient, du citoyen au sujet d’un cadre de droit qui permette de réduire pour partie la tension éthique.

Et c’est là de ma fonction de codirecteur patient du Centre d’Innovation du partenariat avec les patients et le public (CI3P) de la faculté de médecine de l’Université Côte d’azur que je me positionne car encore une fois ma mémoire joue son rôle. Je me rappelle d’une rencontre d’éducation populaire organisé par la Maison de la Médecine et de la Culture (MMC) proposant un questionnement des citoyens dans le domaine de la santé au cours de laquelle nous avions passé le film Wit. Ce film issu d’une pièce de théâtre et d’un ouvrage ayant reçu le prix Pulitzer.

Wit

Je me rappelle encore la réaction de médecins concernant la scène au cours de laquelle une équipe vient réanimer une patient vivant un cancer malgré la manifestation véhémente de l’infirmière veillant sur le respect des directives de la patiente « Ne pas réanimer », exprimant que ce film était daté et que depuis le soin et son organisation avaient bien changé depuis, et là, au vu de ce que je lis je me permets encore une fois de me poser la question.

Je constate, participant plusieurs fois par semaine aux réunions stratégiques du centre d’excellence du partenariat avec les patients et le public (CEPPP), que lors de la crise, comme l’a écrit un de mes collègues français il y a quelques semaines, le choix et même la participation des patients à la gestion de crise actuelle pourrait être autre, puisque tel est le cas sur l’ile de Montréal où le CEPPP a été mandaté par différentes instances pour participer à la gestion de cette crise sanitaire, grâce à la prise en compte des savoirs expérientiels des patients (Jouet, Flora, Las Vergnas, 2010) [2], et à ce titre, il existe actuellement des organisations en France qui permettraient, dans une certaine mesure d’appréhender différemment la situation.

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CONCLUSION

Si la directive anticipée n’est pas une panacée face à la crise sanitaire actuelle, elle est une aide à la décision proposée par un état de droit dont je ne vois aucune mention actuellement. Aucune lisibilité ne lui est effectivement donnée dans les critères de décisions que nécessite la saturation des services de réanimation. Elle est également un indicateur des imaginaires qui dominent les représentations en cours dans le système de santé encore à l’heure actuelle, presque deux décennies après la promulgation de la loi cadre sur la démocratie sanitaire et la qualité du système de santé du 4 mars 2002, dite Loi Kouchner. Les médecins devraient en tenir compte, comme ils pourraient solliciter des patients expérimenter pour gérer cette crise et les différentes organisations hospitalières, associations de patients, pardon d’usagers et de tout ordre pourraient mieux faire connaitre cette possibilité de choisir leur sort (Flora, 2011) [3].

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Et si le CI3P a réuni des équipes œuvrant sur le partenariat de soin avec le patient dans 10 régions sur 13 sur la métropole (Flora et al, 2019) [4] et qu’une recherche financée par l’Union Européenne (Interreg) au sein de laquelle des équipes françaises étaient engagées et ont approfondi la connaissance du partenariat et certains de ses leviers dans l’organisation des soins en France. Des équipes  francophones Européennes qui, à cette occasion ont initié une Alliance sans frontière suite à une séance de clôture d’intelligence collective.

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Force est de constater qu’il reste à œuvrer sur des imaginaires que nous avons justement questionner grâce à un Anthropologue, Arnaud Halloy, impliqué avec le CI3P, le 3 avril dernier lors d’un séminaire digitalisé, comme modalité d’adaptation à la situation de la formation l’Art du Soin en partenariat avec le patient de la faculté de médecine de l’Université Côte d’azur consacré à l’Art du soin sur les apprentissages de la pandémie après visionnage d’un œuvre d’art cinématographique, le film « Contagion », le film le plus visionné en streaming et téléchargé durant la première semaine de confinement.

Pour conclure en adéquation avec l’introduction qui illustrait les plaintes en justice, lorsque j’étais il y a quelques années maintenant représentant des usagers dans un grand établissement de santé Français, nous constations que les patients avaient besoin de se sentir écoutés par des professionnels assumant leurs décisions, et que les plaintes allaient en justice principalement lors qu’aucune de ces deux conditions n’étaient remplies.

 

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

[1] Chain M.-C., De Felice J., Flora L., Aycaguer S., Bonnet-Zamponi D., Brechet P., Legrain S. (2018). Les personnes âgées de plus de 75 ans. In Le pouvoir d’agir « empowerment » des patients questionne l’éducation thérapeutique et ses acteurs. Restitution intégrale d’une recherche action avec les patients. Edition collective, Direction Générale de la Santé, Association française des hémophiles, CCOMS en santé mentale de Lille, Université Sorbonne cité, Université Diderot, Laboratoire Ecève, INSERM, EHESP, pp.72-83.

[2] Jouet E., Flora L., Las Vergnas 0. (2010). « Construction et Reconnaissance des savoirs expérientiels des patients ». Note de synthèse du N°, Pratique de formation : Analyses, N°58/59, Saint Denis, Université Paris 8, pp. 13-94.

[3] Flora L. (2011), « Acteur, auteur de sa santé jusqu’au dernier souffle », Revue Générale de Droit Médical, N° 38, mars 2011, éditions Les études hospitalières, Bordeaux. pp. 239-253.

[4] Flora L., Darmon D. Benattar J.-M. (Coord.).(2019), Contribution à l’état de l’art : Retour sur le 1er colloque International en France sur le partenariat de soin avec le patient à partir des communications et écoévaluations. Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public (CI3P), Université côte d’azur.

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