Recherche sur les patients partenaires et le partenariat de soins et de services

L’équipe de la direction collaboration et partenariat patient de la faculté de médecine de l’université de Montréal qui a développé le « Montreal model« , intitulé comme tel par les nord-américains des états- unis depuis le congrès de la fondation Maci’s d’avril 2014 (1), après avoir rendu son premier rapport intermédiaire (2), articule des recherches impliquant des patients dont je fais partie.

Ayant accompagné le lancement du bureau Facultaire de l’expertise patient suite à la publication de la note de synthèse sur la construction et la reconnaissance du savoir expérientiel des malades (3) dans le cadre de la thèse sur le patient formateur (2012 (4)) ; 2014 (5)) voici un axe de recherche spécifique qui entre dans le grand thème du savoirs des malades et des interactions qu’il génère avec les différentes recherches engagées avec ma participation en 2014

1. « La qualité et de la sécurité des soins des patients atteints de maladies chroniques : le rôle du partenariat de soins dans les soins de santé primaire.« (Pomey M.-P., Karazivan P., Borgès da Silva et al.), financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

2. « La qualité et de la sécurité des soins des patients atteints de maladies chroniques : le rôle du partenariat de soins dans les soins de santé primaire. » (Pomey M.-P., Karazivan P., Flora L. et al.) financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

3. « Incertitudes médicales, prises de décision et accompagnement lors de maladies graves et la fin de vie », (Fortin S., Le Gal J. et al), en cours de demande de financement aux Instituts de recherche en santé du Canada. (IRSC).

4. « L’apport du mentorat patient sur le développement des compétences de collaboration et de partenariat de soin et des services chez les étudiants en sciences de la santé en formation initiale » (Fernandez N., Vanier M.-C., Flora L., Brault I.) a été initié en 2016.

5. « Partenariat patient et digital‘, (Guadhiri S. Flora L., Tabourdeau M.), recherche initiée en 2016 avec le département de sciences humaines et sociales de l’Ecole de Hautes Etudes de Commerce de Montréal (HEC Montréal).

Un autre volet recherche dans le cadre du rôle de conseiller pédagogique consiste en de la recherche en éducation médicale au sein de la faculté de médecine, principalement lorsque des patients y sont impliqués, que ce soit dans des activités d’ingénierie, de co-tutorat patient effectués avec des cliniciens et parfois dans une triade, clinicien/Résident/Patient, dans le cadre de mentorat patient auprès des étudiants en sciences de la santé mises en oeuvre dès les premières années ou encore dans le cadre de révisions curriculaire des vignettes cliniques utilisées tout au long des études dans le cadre des Approches Par Problèmes (APP) qui vont permettre tout au long des études de mettre en perspectives toutes les connaissances à apprendre.

Pour compléter les participations à la recherche de ce thème, en 2015, je suis devenu évaluateur de projets de recherche axées sur le patient auprès des Instituts de Recherche en Santé du Canada (IRSC).


(1). Vanier M.-C., Dumez V., Drouin E. et al. « Partners in Interprofessional Education : Integrating Patients-as-Trainers« . Dans : Fulmer, T & Gaines, M. Partnering with Patients, Families, and Communities to Link Interprofessional Practice and Education. Proceedings of a conference sponsored by the Josiah Macy Jr. Foundation in A.pril 2014 ; New York : Josiah Macy Jr. Foundation ; 2014, pp 73-84

(2). DCPP, 2014, Programme partenaires de soins, rapport d’étape (2011-2014) et perspectives, Direction collaboration et partenariat patient du centre de pédagogie appliquée aux sciences de la santé, Université de Montréal, (Dernière consultation le 6 octobre 2014)

(3) Jouet E., Flora L. & Las Vergnas 0. (2010). « Construction et Reconnaissance des savoirs expérientiels ». Note de synthèse du N°, Pratique de formation : Analyses, N°58/59, Saint Denis, Université Paris 8, pp. 13-94

(4) Flora L. 2012 « Le patient formateur : élaboration théorique et pratique d’un nouveau métier de la santé », Thèse de doctorat de sciences sociales, spécialité « Sciences de l’éducation », Université Vincennes Saint Denis – Paris 8, campus Condorcet.

(5) Flora L. (2015), Le patient formateur : élaboration théorique et pratique d’un nouveau métier de la santé ? Ou comment la complémentarité des savoirs expérientiels des malades et des professionnels de la santé peuvent relever les défis de nos systèmes de santé« , publication de la thèse aux éditions des Presses académiques francophones (PAF), Sarrebruck, Allemagne.

Autres publications :

- Vanier M.-C.,Flora L., Lebel P. (2016), « Un professionnel de santé qui exerce une pratique collaborative en partenariat avec le patient », in (Dir. Pelacia T.) Comment [mieux] former et évaluer les étudiants en médecine et en sciences de la santé, Bruxelles, De Boeck, pp. 74-104.

-Flora L., Karazivan P., Dumez V. Pomey M.-P., « La vision « patient partenaire » et ses implications : le modèle de Montréal. », La revue du praticien, avril 2016, Tome 66, N° 4, pp. 371-375.

-Flora L., Berkesse A., Payot A., Dumez V., Karazivan P. (2016), « L’application d’un modèle intégré de partenariat patient dans la formation des professionnels de la santé : vers un nouveau paradigme humaniste et éthique de co-construction des savoirs en santé« , in Innovation pédagogiques en éthique de la santé, Le Journal International de Bio-éthique et d’éthique des sciences, volume 27, N° 1, chapitre 3, pp. 59-72.

- Pomey M.-P., Flora L., Karazivan P., Dumez V., Lebel P., Vanier M.-C., Débarge B., Clavel N., Jouet E. (2015), « Le « Montreal model » : enjeux du partenariat relationnel entre patients et professionnels de santé », Santé publique, HS, 2015/S1, pp.41-50.

- Karazivan P., Dumez V., Flora L., Pomey M.-P., Del Grande C., Guadiri S., Fernandez N., Jouet E., Las Vergnas O., Lebel P. (2015), « The Patient as Partner in Care : Conceptual Grounds for a Necessary Transition », Academic Medicine, April 2015 – Volume 90 – Issue 4 – pp.437–441

- Lebel P., Flora L., Dumez V., Berkesse A., Néron A., Débarges B., Trempe-Martineau J. (2014), « Le partenariat en santé : pour mieux répondre aux besoins des personnes âgées et de leurs proches aidants par la co-construction. », Revue Vie et Vieillissement, vol. 12, no 11, novembre 2014, pp. 15-20.

- Karazivan P., Flora L., Dumez V. (2014),  » Savoirs expérientiel et sciences de la santé : des champs à défricher », Revue du CREMIS, printemps 2014, Vol 7. N°1, pp. 29-33

- Vanier M.-C., Flora L. Dumez V. (2014), « Dal Paziente “esperto” al “paziente Formatore : l’esempio dell’Università di Montreal », in (Dir. M.-S. Padula, G. Aggazzotti), Manuale per il docente di medicina generale : comme insegnare la medicina generale nelle cure primarie, Facoltà di Medicina e Chirurgia di Modena, Italia, pp. 149-168.

Vanier M.-C., Dumez V. « Partnering with Patients in Education and Health Care Transformation« , The Josiah Maci’s jr foundation website.

Formation des professionnels de la santé et des patients face aux conflits d’intérêt, quelles pistes?

L’influence des grandes compagnies et des industries pèse aujourd’hui plus qu’hier sur le quotidien des citoyens dans nos sociétés. Pourtant elles sont des acteurs incontournables et nécessaires à la complexité de nos sociétés dites de la connaissance.

Plus particulièrement dans le domaine de la santé, les industries pharmaceutique et agroalimentaire ont un impact indéniable avec une notion de bénéfice risque dont il reste parfois à se demander pour qui elle est pensée, organisée.

Il n’y a qu’a lire les informations grand public régulièrement pour noter les questionnements qui se posent (L’affaire du Motilium® mise à jour par la revue Prescrire dernièrement, l’affaire Servier  portée par Irène Frachon autour du médiator ® en caisse de résonance de nombreux patients, ou encore de consulter les derniers éclairages sur les conflits d’intérêt des responsables d’agences du médicament publiés dans les quotidien cette année ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres).

Les connaissances et les décisions affectant le champ de la santé, en privilégiant des intérêts financiers (particuliers) face à ceux des patients et des consommateurs (qui relèveraient de l’intérêt général) apparaissent très régulièrement sans avoir besoin de consulter une presse spécialisée ou d’ouvrir le spectre des rapports de recherche. Des lectures scientifiques qui d’ailleurs sont souvent d’une transparence déconcertante sans que cela n’influe sur des transformations ou questionnent les pratiques sociales dans ce domaine.

Le système de santé français connait comme d’autres des problèmes récurrents entraînant d’importantes conséquences humaines et financières qui pourraient être en fait largement évitées.

Si nous nous questionnons par exemple sur la formation des professionnels de la santé. C’est elle influencera leurs pratiques comme l’exercice des professionnels en activité est sensée le faire déjà, nombres de zones sombres ou grises apparaissent. Je m’intéresse depuis des années à la formation dans les facultés de médecine comme à la formation continue sous l’angle de l’éducation thérapeutique du patient, en tant que patient formateur et patient chercheur en France et ailleurs, je suis très sensible à ce sujet.

C’est la raison pour laquelle j’ai rejoins, à la demande d’un collègue du laboratoire de recherche en sciences de l’éducation tout au long de la vie (EXPERICE Axe C, Paris 8), Paul Scheffer, un groupe d’auteurs pour questionner ces aspects. Est-ce que les professionnels de santé sont préparés à faire face à ces pressions et dysfonctionnements au cours de leurs formations initiale et continue et en quoi? Comment sont organisées leurs formations ( ce qui est une obligation dans ces professions).

Dans ce contexte général, certains diront global, comment le particulier peut-il exprimer sa singularité? Quels sont les contre-pouvoirs existants dans le champ de la santé donnant la possibilité aux individus porteurs de ces valeurs de se réunir et d’opérer des changements professionnels et institutionnels favorables aux intérêts des patients ? À chacun de nous donc si nous nous référons à Martin Winckler (2003) (1) car comme il l’écrit si bien, au final, « nous sommes tous des patients« .

Voici donc notre tentative de réponse à cette problématique et à ces questionnements sous la forme d’un ouvrage collectif qui réunit les contributions de professionnels de santé et étudiants, de patients, chercheurs, journalistes et membres d’associations citoyennes pour apporter quelques éléments de réponse, avec réussite?

Img_Livre_EspritCritiqueSante

Les métiers de la santé face aux industries pharmaceutique, agroalimentaire et chimique : Quelles formations critiques?

Sous la direction de Paul Scheffer

(1) Winckler M. (2003), Nous sommes tous des patients, Paris, Stock

Un référentiel de compétences de patient intégré dans les activités des milieux de la santé

Le joli mois de mai est l’occasion pour la direction collaboration et partenariat patient de la faculté de médecine de l’université de Montréal de mettre à disposition pour les équipes de formation, de soins et de recherche impliquées avec cette équipe de patients et de professionnels de la santé, tout une série de livrets.

Ils contiennent les méthodologies qui permettent d’organiser le recrutement et l’apprentissage des processus de co-construction entre professionnels de la santé, gestionnaires, chercheurs, patients et proches. Ces instruments, conçus à partir d’une faculté de médecine ayant pris de le virage de l’approche par compétences, sont élaborés à partie d’une rosace de compétences de collaboration interdisciplinaire et de partenariat mais surtout à partir d’un référentiel de compétences de patient développés à partir de mes travaux de thèse.

En effet, ce référentiel, identifié dans le cadre de mes travaux précédents (Flora, 2012 (1), 2015 (2)) a depuis été décliné en capacités et surtout manifestations et comportements observables. Cette déclinaison développée par toute l’équipe est le socle sur conceptuel, théorique, sur lequel se base l’aboutissement de ce travail d’équipe construit à l’aide des expérimentations dans les milieux. C’est donc le fruit de ses efforts qui va être rendu disponible pour les réseaux.

De mon côté, j’ai envoyé à l’éditeur des travaux précédents conclus en 2012, les presses académiques francophones, mon prochain livre. Il y est présenté et détaillé ce référentiel de compétences « patient ». Surtout il présente comment il s’intègre pour accompagner le virage construit dans le « modèle de Montréal » ou encore comment s’articule le modèle vis à vis de ce cadre conceptuel.

Dans les prochaines semaines cet ouvrage (3) sera donc disponible au plus grand nombre. Souhaitons qu’il permettra une meilleure compréhension de ce que nous développons et une appropriation la plus large possible pour le meilleur des patients, mais également des professionnels dans le cadre de leur travail.

img_referentiel_competences

Pour certains d’entre vous j’en suis sur, le décompte a commencé, d’ici à la publication!!!

Références bibliographiques

(1) Flora L. (2012), Le patient formateur : élaboration théorique et pratique d’un nouveau métier de la santé, Thèse de doctorat de sciences sociales, spécialité « Sciences de l’éducation », Université Vincennes Saint Denis – Paris 8, campus Condorcet.

(2) Flora L. (2015), Le patient formateur : nouveau métier de la santé ? Comment les savoirs expérientiels de l’ensemble des acteurs de santé peuvent relever les défis de nos systèmes de santé, Presses Académiques Francophones, Sarrebruck, Allemagne.

(3) Flora L. Du savoir des malades à un référentiel de compétence « patient » : pourquoi faire ? Du savoir des malades à un référentiel de compétences intégré, l’exemple du modèle de Montréal, Presses académiques francophones, , Sarrebruck, Allemagne, à paraitre.