Du patient formateur au « Montreal Model » : Actualités d’automne

Quelques mois et saisons après mes premiers billets sur ce blog, me voici emprunt à reprendre la plume numérique qui prend la forme du clavier de mon ordinateur portable pour médiatiser les dernières actualités concernant la complémentarité des savoirs expérientiels des malades chroniques à ceux des professionnels de la santé dans le cadre du nouvel instrument démocratique qui révolutionne notre société, comme le soulignait Jean-Louis Le Grand, directeur de recherche durant la thèse soutenue en novembre 2012, à la hauteur de l’imprimerie sans que nous ne soyons encore bien conscient des effets et conséquences de ces apports.

Ce billet commence sur une tonalité Brésilienne qui me ramène à peu près un an en arrière, en novembre à Sao Paulo. J’ai alors participé par visio-conférence pour la contribution de la faculté de médecine de l’université à Montréal lors d’une réflexion académique sur l’état et le devenir des humanités (Sciences humaines et sociales) dans les facultés de médecine au sein d’un colloque co-organisé par le philosophe, Nicolas Lechopier, avec qui je travaillais en France à la faculté de médecine de Lyon 1 Claude Bernard depuis 2012 et avec qui je collabore encore, sous d’autres formes.

Le président de cette université et le doyen de cette faculté de médecine Brésilienne seront présents la semaine du 20 au 24 octobre à Berlin pour le sommet mondial sur la santé auquel se rend la doyenne de la faculté de médecine de l’université de Montréal, Hélène Boisjoly accompagné de Vincent Dumez, le patient co-directeur de la direction collaboration et partenariat patient (DCPP) à laquelle je participe, de cette même faculté de médecine et le directeur des Instituts de Recherche en Santé du Canada (IRSC) ( à rapprocher en France de l‘INSERM).

C’est d’ailleurs, dans le prolongement de la communication de l’an dernier au Brésil, une semaine à grand enjeu pour ce que nous continuons de transformer à la faculté de médecine car nous enracinons, après un premier essai en février 2014, une plus large série de cours en éthique clinique avec des duo patients formateurs/cliniciens. Une formation de ces duos prolonge donc cette semaine une formation donnée la semaine précédente auprès des patients formateurs pour co-tutorer des cours qui se donneront en novembre, février et mai auprès des étudiants en médecine « résidents » (les internes en France). Des résidents qui, pour les 2ème et 3ème années, ont déjà expérimenté des cours en co-tutorat patients/cliniciens puisque ceux-ci sont initiés dès la 1ère année de leur formation depuis 2012 de manière généralisée auprès de l’ensemble des étudiants en sciences de la santé en interdisciplinarité dans le prolongement d’un pilote testé à petite échelle en 2011/2012. Ce sont en tous les cas, pour certains, les derniers résidents de l’université de Montréal à ne pas avoir été formés au paradigme du « Montreal Model » de manière longitudinale tout au long de leur formation de médecin si notre travail se poursuit dans les années à venir.

Cette même semaine se conclura par une communication samedi prochain, le 25, avec mes collègues de la DCPP et une docteure issue du laboratoire EXPERICE dont le parcours a été parallèle au mien dans le processus de la thèse, Marlis Krichewski, à l’université Columbia à New-York. La communication traitera de la transformation des espaces et des espaces de transformations dans le domaine de la santé lorsqu’il s’agit d’implanter un nouveau paradigme, ici le « Montreal model », au sein d’un symposium de dimension méta intitulé « Cradles for Imagination & Initiative » où sont visités les autres espaces à transformer de nos sociétés.

Cette communication fait suite à celle des entretiens Jacques Cartier 2014 qui se sont tenus pour partie à Sherbrooke, ville québécoise universitaire, les 6 & 7 octobre, sur ce thème en France. L’autre grande communication de cette année 2014 sur le continent nord américain a eu lieu au Canada, à l’université Concordia de Montréal, là même où j’ai présenté mes travaux de recherche fondamentale sur le développement d’un instrument d’auto-clinique qui a pour ambition de permettre d’accompagner le nouveau paradigme que nous mettons en place au travers d’un puissant outil d’éducation populaire. Instrument et méthodologie qui ont attiré l’attention des représentants de l’université de Yale, porteur du Citizen project dirigé par Mickaël Rowe présent au congrès, à partir des populations fréquentant ou ayant fréquenté les services de santé mentale dans le Connecticut aux USA. Un projet aujourd’hui largement internationalisé.

La France n’était pas restée en reste puisqu’une série de communications nous ont permis de faire part de ces travaux les plus récents en avril dernier lors de la conférence internationale d’éthique clinique sur la voix des patients qui s’est tenue rue de l’école de médecine à Paris, à sciences po Paris et à la chaire de santé publique. Ils en annonçaient lors des deux dernières citées le lancement de l’école du partenariat en santé initié depuis à l’été 2014 et actuellement en développement pour poursuivre la transformation des pratiques dans les établissements de santé du Québec.

Actuellement entre les deux continents, dans un va et vient fréquent et régulier au sein du monde francophone pour comme nous l’a inspiré Antoine Boivin « Accorder l’orchestre », le développement des travaux initiés en 2006 sur le patient formateur continue de s’élaborer, de se transformer et de transformer le domaine de la santé, de se structurer au travers d’une nouvelle proposition relationnelle entre professionnels de santé et patients, entre un (des) système(s) de santé et une (des) population (s)  qu’il est (sont) sensé (s) servir.