« The Montreal Model »: un nouveau paradigme de partenariat de soins reconnu!

Le mois d’avril a été l’occasion d’une forme de consécration pour le développement du paradigme de partenariat de soins développé par l’équipe de la direction collaboration et partenariat patient (DCPP) de la faculté de médecine de l’université de Montréal. En effet il a vu, à la suite d’une invitation à l’événement de la fondation Macis sous forme de congrès, son modèle proclamé par les principaux leaders US comme « The Montreal Model » . Ce congrès réunis 40 congressistes parmi les personnalités les plus influentes aux USA, elles sont tirés sur le volet, comme les projets présentés pour leur caractère innovant par la cellule de veille de cette fondation.

Les conséquences pourraient être majeures car les recommandations qu’émettent ces événements en conclusion de leurs journées de travail valent comme orientations des politiques de santé pour l’ensemble des Etats-Unis d’Amérique. Durant la même saison de printemps, l’équipe vient d’apprendre fin mai qu’un article va être publier sur le concept du modèle dans le Canadian medical association Journal, le CMAJ (1).

Fort de cette nouvelle donne, au sein de l’équipe, nous avons pris acte et nous nous sommes donc rangés à cette nouvelle dénomination venue comme forme de reconnaissance par des observateurs avisés et extérieurs. En conséquence nos présentations prennent dorénavant dans les communications de nos travaux l’intitulé de « Montreal Model ».

Dans le même mois, 3 représentants de l’équipe porteuse de ce nouveau modèle sont venus en France présenter ce modèle à Sciences po Paris, puis à la chaire de santé de science po et auprès de l’ « Assistance Publique – Hôpitaux de Paris » (AP-HP) avec un certain impact.

Naturellement, les questions qui se posent comme celles qui seront débattues le 16 juin 2014 lors de la prochaine journée porte ouverte de l’AP-HP sur la voix des patient durant laquelle les deux conférenciers que seront Etienne Caniard et Didier Sicard aborderont de différentes manières des difficultés, illusions, dangers inhérents à cette tendance qui s’impose progressivement d’accorder plus d’importance à la voix des patients sont pertinentes et doivent être posées. Y compris doivent être exprimées et mises en lumière les peurs qui émergent sur la possible instrumentalisation à visée financière à court terme dans le contexte actuel où la contrainte budgétaire est si forte.

Il n’en demeure pas moins que ce courant et mondial (Lire l’article « Patients advise doctor on ways to reform medical practice« ) et qu’il dépasse même le domaine de la santé comme nous l’avions présenté avec Olivier Las Vergnas, Emmanuelle Jouet et Olivia Gross en février 2013 lors d’un séminaire de la chaire sur le savoir des malades à l’école des hautes études en sciences sociales (EHESS).

C’est une preuve dans bien des domaines d’une inadéquation entre les politiques mises en place dans et par les organisations et les systèmes de santé ou autres, et dans ce sens nombreux sont ceux qui cherchent une voie de passage, une méthode, un processus par lequel cheminer.

C’est peut-être la que dans le domaine de la santé l’équipe dont je fais partir pose des jalons intéressants puisque remarqués : tant dans sa ville d’origine, Montréal; que sur le Québec; le Canada au travers de l’intérêt et des sollicitations des Instituts de Recherche en Santé du Canada (IRSC), équivalent de l’Institut Nationale de Recherche Médicale (INSERM) en France; Aux USA comme nous l’avons évoqué; en Italie où une publication de ce qui est développé à Montréal a donné lieu à un chapitre du manuel d’enseignement de la médecine de famille publié au printemps dernier ; en Belgique qui dans le cadre d’une convention entre l’université libre de Bruxelles et celle de Genêve les équipes pédagogique de la faculté de médecine intensifient ses voyages pour comprendre et mettre en œuvre ce modèle et enfin sans doute en France dans les prochains mois.

Ce « Montreal model » est à suivre, l’équipe qui le porte est inclusive, c’est un incubateur d’idées et de talents qui se regroupent progressivement et qui vont continuer de creuser le sillon initié à l’automne 2010.

(1)

Karazivan P., Dumez V., Flora L., Jouet E., Las Vergnas O., Del Grande C., Pomey M.-P., Guadiri S., Fernandez N., Lebel P. ( 2014), « The Patient as Partner in Care : Conceptual Grounds for a Necessary Transition », Academic medicine, Canada.