Le traitement par bithérapie et ses effets psychologiques

Prise en charge thérapeutique de la co-infection VIH/VHC

La bithérapie anti-VHC est maintenant souvent accompagnée de traitements adjuvants permettant de garder la posologie maximale tout en améliorant la qualité de vie sous traitement dans le but d’optimiser les chances de réussite du traitement.

Parmi ceux-ci, il est de plus en plus largement admis que la prise en charge préventive de troubles psychique en amont du début de traitement par bithérapie est à prendre en considération.

En effet, l’interféron et la ribavirine restent des molécules à fort impact sur la vie de la personnes, avec des effets variables selon les individus mais toujours présent sur le plan psychologique.

Au fil du temps sous traitement anti-VHC, le psychisme peut être atteint de manière conséquente, et cela parfois sans que l’on ne s’en rende compte par soi-même. Une certaine irratabilité se manifeste souvent par exemple. En tant qu’animateur d’un groupe de parole d’auto-support durant plusieurs années sur cette thématique, j’ai pu constaté, et il m’a été rapporté à plusieurs reprises des situations de glissement ou la personne ne réalisait pas l’état dans lequel elle se trouvait plongée.

Si ces cas restent rares, ils peuvent se produire lorsqu’un soutien psychologique n’a pas été évalué préalablement. Un autre signe plus courant est constaté, celui du syndrome dépressif. La dépression ne peut être négligée, elle peut avoir des conséquences grave allant jusqu’à des idées suicidaires.

Pour faire face à cela, il est maintenant prévu une prise en charge multidisciplinaire. Dans ce cadre, une consultation psychiatrique ou psychologique (Rappelons à l’occasion que seul les psychiatres peuvent prescrire) permet d’évaluer la nécessité ou non de suivre un traitement et ce quel que soit votre état psychologique.

Le dernier rapport d’expert paru en 2006 sur la prise en charge VIH, dirigé par le Professeur Yeni est très clair à ce sujet « Les pathologies suivantes, lorsque cela est possible, doivent être prises en charge ou corrigées avant la mise en route du traitement : dépression et autres pathologies psychiatriques actuelles ou passées » et le précédent rapport paru en 2004 sous la direction du Professeur Delfraissy faisait également référence à ce type d’accompagnement.

Il peut vous être proposé une consultation de ce type , mais vous êtes également en droit de la demander.

Si le médecin estime qu’un traitement serait bénéfique, il l’introduira de trois à six semaines avant d’entamer les premières prises de la bithérapie.

Ce traitement consiste généralement en une prescription d’anxiolytique, voir d’anti-dépresseur et un espace de parole ou s’exprimer durant le temps nécessaire. Cette période pouvant aller de l’avant traitement par bithérapie à une période de convalescence variable selon chacun après l’arrêt du traitement anti-VHC.

En tout état de cause, cet aspect de la prise en charge globale devrait toujours être évaluée et prise en compte afin de gérer cette période particulière et de donner un maximum de chance au traitement envisagé de jouer son rôle et ce en ayant la meilleure qualité de vie possible.

Rédigé en Juin 2007 – Publié dans le magazine « Actif santé ; Le journal » N°11 en juillet 2007