Consulter un sexologue ?

Consulter un sexologue ?

Prise en charge du VIH et qualité de vie

Quelle particularité devrait présenter une consultation de sexologie pour répondre aux besoins particuliers des personnes vivant avec le VIH ?

Pour nous éclairer, nous avons assisté à une soirée initiée par Actions Traitements et le Kiosque-Info-Sida à Paris. L’intervenant, le sexologue Eude Panel, a contribué aux recommandations du rapport Delfraissy 2002 dans ce domaine.

Les troubles de la sexualité ne sont pas considérées comme des maladies, mais identifiés plutôt en tant que dysfonctionnements pouvant être de nature mécanique ou psychologique. Ces deux domaines peuvent parfois interférer.

- La consultation de sexologie peut être menée par un sexologue, médecin ou non, son but est de s’interroger sur la fonction érotique.

– Ceux qui y ont recours, qu’ils soient seuls ou en couple, viennent pour deux raisons majeures : l’impuissance et/ou la baisse de la libido.

- La lourdeur des traitements, la gestion de l’affection VIH et des pathologies associées y sont donc fréquemment évoquées.

- La relation triangulaire entre “les deux partenaires et le VIH” impose d’interroger la représentation qu’ont les intéressés de la vie avec le virus, de l’érotisme et de la sexualité.

- La libido et la fonction sexuelle peuvent se trouver modifier par de nombreux médicaments, souvent incontournables, prescrits au cours de l’affection à VIH.

C’est le cas de certains antirétroviraux, mais aussi des antidépresseurs, anxiolytiques, médicaments psychiatriques, bêtabloquants (prescrits pour les problèmes cardiovasculaires)…

Réinventer son érotisme, développer sa “fonction érotique” plutôt que s’attacher à “l’organicité” tel est le défi, proposé au cours des consultations de sexologie. En ce sens, Eude Panel suggère que la personne vienne avec un objectif : la jouissance.

Des réponses médicamenteuses palliant les problèmes mécaniques, comme la prescription de Viagra® (attention aux interactions), Cialis® ou les injections intra-caverneuses, la correction d’un déficit hormonal, peuvent être réalisés en première intention par de nombreux médecins, sans qu’il soient sexologues.

Dans le rapport Delfraissy 2002 figuraient des recommandations concernant la prise en charge de la sexualité. En conclusion, il suggérait : “des consultations spécifiques de prise en charge des troubles sexuels devaient être mis en place dans les services”.

Le rapport 2004, sur ce chapitre, comme en matière de prévention ou de santé psychique, n’en dit plus un mot. Prenant sans doute pour fait acquis que la mise en place de ces consultations sont effectives ? Toutes les difficultés sont donc résolues ?…

En pratique,

- la consultation de sexologie dure en moyenne 35 minutes.

- Pour les personnes qui désirent poursuivre après un premier entretien, Eude Panel prévoit quatre consultations, en général espacées de plusieurs mois.

- Consulter un sexologue non spécialisé dans l’infection VIH reste à vos risques et périls. Notre problématique engage tant de paramètres spécifiques, qu’il est préférable de trouver un sexologue sensibilisé à cette problématique.

- Une consultation à l’hôpital est totalement prise en charge ; pour une consultation en ville il faut compter dans les 50 Euros, voire plus.

Co écrit avec Marek Korzec

Rédigé en décembre 2004 – publié en janvier 2005, dans le magazine « Actif santé ; le journal » N°2

Infos +

Recommandations du rapport Delfraissy 2002 Des consultations spécifiques de prise en charge des troubles sexuels doivent être mise en place dans le circuit de soin ou en dehors de celui-ci

Recommandations du rapport Delfraissy 2004 Chapitre 5 : suivi d’un patient sous traitement antirétroviral “Parce que l’infection à VIH est principalement une infection qui se transmet par voie sexuelle en France et que les soins et le suivi thérapeutique se sont complexifiés. L’éducation pour la santé, le suivi et la prévention pour les personnes infectées sont des enjeux majeurs… la prévention, qui doit prendre en compte les besoins du patient, porte surles comportement sexuels et les risques de transmissions liées au VIH et aux IST. En plus d’une information personnalisée, et du développement de ses capacités à négocier les comportements préventifs, des dépistages doivent des ISTs peuvent être proposés”.